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Le groupe d'extrême droite "Génération identitaire" officiellement dissous en Conseil des ministres

Depuis plusieurs semaine, le groupuscule identitaire était dans le viseur de l'Intérieur.

Le groupe d'extrême droite Génération identitaire a été dissous mercredi en Conseil des ministres, a annoncé dans un tweet le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, en affirmant que cette association "incite à la discrimination, à la haine et à la violence".

"Cette association et certains de ses militants doivent être regardés comme tenant un discours de haine incitant à la discrimination ou à la violence envers des individus en raison de leur origine, de leur race et de leur religion" et, "par sa forme et son organisation militaires", cette organisation "peut être regardée comme présentant le caractère d'une milice privée", justifie M. Darmanin dans le décret de dissolution.

Pourquoi? 

Gérald Darmanin avait évoqué le 26 janvier pour la première fois sa volonté d'obtenir cette dissolution.

Cette procédure de dissolution intervient alors que le ministère de l'Intérieur a, ces derniers mois, a obtenu la dissolution d'associations accusées d'être proches de la mouvance islamiste (CCIF, BarakaCity, collectif Cheikh Yassine) dans le sillage de l'assassinat de Samuel Paty.

L'association, créée en 2012 et qui revendique 2.800 adhérents, présente "l'immigration et l'islam comme des menaces que les Français doivent combattre" et entretient "délibérément la confusion entre musulmans, immigrants et islamistes ou terroristes", écrivait Pascale Léglise, l'adjointe au directeur des libertés publiques et des affaires juridiques du ministère, et rappelait notamment "l'acte fondateur" de Génération Identitaire, l'occupation spectaculaire du toit d'une mosquée en construction à Poitiers en 2017 en scandant des slogans hostiles aux musulmans.

Cinq militants du mouvement d'extrême droite ont été d'abord condamnés en 2017 mais relaxés en juin 2020 en appel pour ces faits, jugés prescrits. Sous couvert d'un discours politique sur la "préférence nationale", ce mouvement met en oeuvre une "idéologie xénophobe", ajoute le courrier, en citant l'occupation des toits de la Caisse d'allocations familiales de Bobigny en 2019 derrière une banderole "De l'argent pour les Français, pas pour les étrangers". Pour ces faits, 19 militants ont été condamnés en mars 2020 à des peines d'un à trois mois de prison avec sursis.

La rédaction de RMC avec AFP