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Montebourg candidat pour 2017? "Il y a des demandes pressantes sur le fait qu'il doit jouer un rôle"

Arnaud Montebourg fait ce lundi sa traditionnelle ascension du mont Beuvray, chez lui en Saône-et-Loire. Mais cette année, la marche de l'ancien ministre de l'Economie prend une tournure encore plus politique qu'à l'accoutumée. A un an de la présidentielle, il se construit en effet petit à petit une image de candidat.

Depuis son départ fracassant du gouvernement en août 2014, il était resté plutôt discret. Arnaud Montebourg a, depuis, entrepris des études à HEC et est devenu entrepreneur. Les rares moments où l'ancien ministre fait parler de lui c'est lors de sa traditionnelle ascension du mont Beuvray, chez lui en Saône-et-Loire. Des "cartes postales" envoyées annuellement pour montrer sa différence avec la politique gouvernementale. Mais cette année, cette "carte postale" devrait être plus proche du "poster" à en croire l'un de ses proches.

En effet, ce lundi, la montée du mont Beuvray prend une tournure encore plus politique qu'à l'accoutumée. Car si Arnaud Montebourg ne devrait pas, sauf énorme surprise, annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2017, l'ancien ministre de l'Economie et ancien candidat à la primaire PS en 2011 devrait avancer un début de programme. De quoi se construire, petit à petit, une image de candidat. Car, en coulisses, Arnaud Montebourg consulte beaucoup. Aussi bien des chefs d'entreprises, des économistes que des syndicalistes.

"Il n'est pas dans une démarche politicienne"

Et, en public, il commence à préparer les esprits comme dimanche dernier sur France 2 lorsqu'il déclarait: "S'il y a des responsabilités à prendre, je les prendrai". Arnaud Montebourg en est persuadé: François Hollande, au plus bas dans les sondages, ne sera pas candidat en 2017. Alors, il se verrait bien sortir en tête d'une primaire de la gauche. "Il n'est pas dans une démarche politicienne", assure pourtant François Kalfon, conseiller régional socialiste d'Ile-de-France est proche de l'ancien ministre.

"Il avance et à partir de là les uns et les autres se déterminent, poursuit-il. Mais je constate qu'il y a des demandes pressantes sur le fait qu'il doit jouer un rôle". Et François Kalfon de souligner:" Il sait créer une dynamique et il le montrera de nouveau, j'en suis certain". Toutefois, pour le moment, Arnaud Montebourg est loin de représenter une solution pour la majorité des frondeurs. Ses soutiens au PS ou parmi les parlementaires sont peu nombreux.

VIe République et made in France au programme

Olivier Faure, vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, le met en garde: une démarche comme la sienne pourrait relancer la machine à perdre au premier tour de la présidentielle. "La fragmentation de la gauche n'aura que pour seul effet de dérouler un tapis rouge à la droite ultra-libérale, estime-t-il. On ne peut pas se réclamer d'une gauche radicale et, en même temps, faire le nid d'une droite ultra-libérale".

Ce lundi, au sommet du mont Beuvray, Arnaud Montebourg doit prononcer un discours d'une demi-heure, sur ses thèmes de prédilection: la VIe République, les paradis fiscaux, le made in France, la réorientation de la construction européenne. Mais aussi des sujets plus régaliens: défense, sécurité, laïcité ou immigration. Tout un programme…

Maxime Ricard avec Stéphanie Collié