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Parrainages pour la présidentielle rendus publics: "ça peut nous mettre en porte-à-faux avec la population"

La course aux parrainages a commencé. Et cette année ils seront rendus publics sur le site internet du Conseil constitutionnel. Une nouveauté qui n'enchante pas les élus des petites communes.

Sur le bureau de Dominique Freyssenet, maire de la petite commune de Sainte-Sigolène en Haute-Loire, les demandes de parrainages en vue de la présidentielle affluent: "J'ai déjà reçu une bonne vingtaine de demandes depuis quelques mois, ça s'accélère maintenant. Fillon, Macron mais aussi plein de petits candidats dont on n'a pas entendu parler".

Mais le maire a décidé de ne pas y répondre. Car avec la fin de l'anonymat pour les signatures, il craint de ne plus pouvoir travailler correctement s'il soutient un candidat: "Les maires ont besoin des autres instances: le département, la région, l'Europe, l'Etat. Et il est très difficile de s'afficher d'une opinion contraire à la majorité départementale, régionale ou nationale, donc ça aussi c'est un handicap certain".

"Ca fausse les jeux de la gestion locale"

Dans le village d'à côté, Les Villettes, Louis Simmonet ne parrainera personne non plus. Le maire ne veut pas engager en son nom les 1.400 habitants de sa commune: "Je pense que ça peut nous mettre en porte-à-faux par rapport à toute la population. Le fait que l'on s'affiche fausse un peu les jeux de la gestion locale. Dans la gestion quotidienne, on représente tout le monde et là tout d'un coup, on représente quelqu'un, ce n'est pas la même chose".

Et les élus qui soutiennent un candidat ont jusqu'au 17 mars pour renvoyer par la Poste leur parrainage.

P.B. avec Gwenaël Windrestin