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Remaniement: Sarkozy pire que Domenech !

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Le gouvernement a été remanié hier mercredi avec le remplacement de Christine Lagarde – par François Baroin, qui a été préféré à Bruno Le Maire – et la nomination de plusieurs ministres centristes. Comme sélectionneur national, Sarkozy est pire que Domenech !

Si on part de l’idée que le gouvernement est à la politique ce que l’équipe nationale est au football, la comparaison est logique. L’objectif, c’est de prendre les meilleurs joueurs à chaque poste. Quand on regarde l’équipe composée par Nicolas Sarkozy, l’impression qui s’impose, c’est celle d’un sélectionneur qui choisirait ses titulaires en fonction de leurs clubs, de l’influence de leurs dirigeants, du nombre de leurs supporters. Et puis aussi de son bon plaisir et de ses humeurs personnelles à lui, comme le faisait volontiers Raymond Domenech. On peut même parier que, comme lui, le Président sera très content de son choix. Normal puisque, comme Domenech, il a toujours raison !

Mais est-ce qu’il a fait de mauvais choix pour ses ministres ?

Forcément il n’en a pas fait que de bons, puisque ses critères ne sont pas ceux de la qualité. Le résultat, c’est un dosage politico-politicien qui ressemble plus à la constitution d’une liste sénatoriale qu’au recrutement d’une « dream team » ! Le meilleur exemple c’est la nomination des trois centristes : c’est évidemment fait pour compenser la droitisation objective du gouvernement depuis la démission de Jean-Louis Borloo et pour désamorcer sa tentative de reconstituer une confédération du centre. Jean Léonetti est nommé aux Affaires européennes. On l’a sûrement choisi parce que l’Europe est malade : il est médecin. Il est surtout vice-président du parti radical de Borloo. Et puis Marc Laffineur, lui, s’imposait aux Anciens combattants puisqu’il est inconnu… au bataillon.

La France doit être le seul pays qui a un secrétaire d’Etat aux anciens combattants !

Il y a des chances. Pourtant il y a de moins en moins d’anciens combattants – il y en aura bientôt moins que d’anciens ministres, d’ailleurs. Ce qu’on peut aussi relever, c’est que Laurent Wauquiez, qui s’est couvert de gloire en dénonçant les « assistés » du RSA mais qui est (avec Alain Juppé) le plus diplômé des ministres, hérite de l’Enseignement supérieur. Et que Thierry Mariani, chef de file de la Droite populaire, l’aile dure de l’UMP, est désormais ministre à part entière (toujours aux Transports) – ça, c’est pour compenser la promotion des centristes. Vous voyez que tout ça est bien pensé…

François Baroin et Valérie Pécresse, respectivement nommés à l’Economie et au Budget sont les deux gagnants du remaniement ?

Incontestablement. Baroin s’est imposé – au sens propre – à Nicolas Sarkozy contre son ami Bruno Le Maire. Bel exemple de sauvagerie politique dans la pure tradition chiraco-sarkoziste. Valérie Pécresse prend le Budget et devient en plus porte-parole. C’est mérité car c’est une des meilleures au gouvernement ; mais on reste loin de la parité (10 femmes sur 33 ministres). Enfin, le vrai poids-lourd de l’équipe (au sens propre), c’est David Douillet. Il reçoit un étonnant secrétariat d’Etat aux Français de l’étranger dont il va devoir nous démontrer l’utilité – ce n’est pas gagné. A côté de ses médailles d’or de judo, ça fait un peu ministère en chocolat. A l’UMP, il était chargé des jeunes talents. A voir la liste des nouveaux entrants au gouvernement, il faut croire qu’il n’a pas dû en trouver beaucoup…

Ecoutez « le parti pris » de ce Jeudi 30 juin 2011 avec Hervé Gattegno et Jean-Jacques Bourdin sur RMC :

Hervé Gattegno