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"Retourne en Afrique": L'Assemblée met fin à la séance après une interpellation raciste

L'Assemblée nationale le 28 juin à Paris (illustration)

L'Assemblée nationale le 28 juin à Paris (illustration) - Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Grégoire de Fournas, député RN aurait proféré une insulte raciste à un député de la Nupes alors qu'il prenait la parole à l'Assemblée nationale, ce jeudi. La séance de question aux gouvernements a été suspendue.

Lors d'une intervention, ce jeudi, à l'Assemblée nationale, du député LFI Carlos Martens Bilongo sur le "drame de l'immigration clandestine", Grégoire de Fournas, député RN, a lancé dans l'hémicycle une phrase qui a semé le trouble: "qu'ils retournent en Afrique" ou "qu'il retourne en Afrique".

Après quelques minutes de confusion, la présidente de l'Assemblée a mis fin à la séance "compte tenu de la gravité des faits" et de "l'émotion légitime" dans l'hémicycle.

"Aujourd’hui, on m’a renvoyé à ma couleur de peau. Je suis né en France, je suis député français et je ne pensais pas qu’aujourd’hui à l’Assemblée nationale, j’allais me faire insulter. On m’a insulté moi et toutes les personnes qui sont en France et qui ont cette couleur de peau", a réagi Carlos Martens Bilongo.

Il a ajouté: "C’est tellement triste, depuis quatre mois nous siégeons ici, et on voit la vraie face du Rassemblement national. C’est honteux."

"C'est une manipulation dont LFI a l'habitude"

Le député RN impliqué, Grégoire de Fournas, s'est expliqué au micro de BFMTV. "Un de mes collègues de la France insoumise posait des questions sur les difficultés du navire SOS Méditerranée à accoster en Europe."

"J’ai répondu 'qu’il retourne en Afrique' et cette phrase a été tournée par la France Insoumise qui cherche tous les prétextes pour des incidents de séance. Ils ont compris que je parlais du député lui-même ce qui est faux", a-t-il ajouté. Pour lui, cela était destiné au bateau d'exilés.

"C’est une manipulation dont la France insoumise a l’habitude: déformer les propos des adversaires pour les diaboliser, en réalité il n’y avait rien de problématique", a estimé Grégoire de Fournas rappelant qu’arrêter les bateaux des ONG qui viennent en aide aux migrants traversant la Méditerranée était dans le programme du Rassemblement national. 

Le député RN ne présentera pas d'excuses

"Ça n’était évidemment pas adressé à lui, certains ont les idées mal tournées", a-t-il dit avant de conclure: "Je ne présenterai pas des excuses pour quelque chose que je n'ai pas fait".

"Le racisme n'a pas sa place dans notre démocratie", a réagi la Première ministre, Élisabeth Borne. Le bureau de l'Assemblée nationale "devra prendre des sanctions", a-t-elle ajouté.

AB