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Sécurité, écoles, logement, transports: ce qu'il faut retenir du plan d'1,5 milliard d'euros pour Marseille

Sécurité, rénovation des écoles, lutte contre l'habitat indigne, transports, hôpitaux: dans son plan pour "Marseille en grand", Emmanuel Macron a multiplié les annonces, pour un montant global de 1,5 milliard d'euros, même si certaines enveloppes, notamment pour les écoles, n'ont pas été détaillées.

Sécurité

Le chef de l'Etat l'a assuré: les 200 policiers initialement attendus d'ici la fin 2023 seront finalement à Marseille dès 2022, et s'ajouteront aux 100 déjà arrivés en 2021. Quant aux deux compagnies de CRS déployées depuis mars dans la ville pour aider aux opérations de pilonnage des points de vente de stupéfiants, elles seront pérennisées.

Emmanuel Macron a aussi annoncé le financement du déploiement de 500 caméras de vidéosurveillance "dans les quartiers qui en ont le plus besoin et qui sont les plus pauvres", c'est-à-dire les quartiers nord de la ville. Cet outil est pourtant très décrié par la nouvelle municipalité de gauche. 

Pour les policiers, ce sera le renouvellement de 220 véhicules en 2022, avec 8 millions d'euros en matériel, ainsi qu'un nouvel hôtel de police, à la place de l'ancien "Evêché", pour 150 millions d'euros.

Hôpitaux

Emmanuel Macron a confirmé les 169 millions d'euros engagés par l'Etat pour les hôpitaux marseillais, soit 50% du coût du projet de modernisation engagé. Ce plan prévoit notamment la rénovation du site de La Timone, qui accueillera d'ici 2027 une nouvelle maternité, et de l'hôpital Nord. De même la dette de l'AP-HM, l'hôpital public marseillais, a été allégée de 233 millions d'euros, a-t-il confirmé.

50 millions d'euros supplémentaires seront alloués pour le pôle mère-enfant de la Timone ainsi que pour une Maison des femmes.

Ecoles

Le maire socialiste Benoît Payan avait expliqué avoir travaillé avec l'Etat à un "grand plan de rénovation" estimé à 1,2 milliard d'euros pour "rénover, requalifier ou reconstruire" environ 200 écoles de la ville. M. Macron a confirmé jeudi que 174 de ces écoles sont "dans un état de délabrement tel que l'apprentissage y est devenu impossible". Mais il n'a pas donné de chiffres sur les engagements financiers de l'Etat sur ce dossier, annonçant seulement la création dans trois mois maximum d'une société publique d'intérêt national pour piloter ce chantier.

Le chef de l'Etat a cependant précisé que les opérations engagées par l'Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU) et le plan de relance ont d'ores et déjà permis le financement de la rénovation d'une quinzaine d'école. Parmi elles, l'école Bouge, dans le 13e arrondissement, où il a fait la rentrée scolaire dans la matinée, qui sera intégralement reconstruite, "avec 90% de financement d'Etat", pour une réouverture à la rentrée 2024. 

Emmanuel Macron a par contre annoncé que 50 écoles marseillaises allait servir de "laboratoire" pédagogique pour "l'école du futur", avec une entrée en application dès la rentrée 2022. 

Logement

Dès 2015, un rapport gouvernemental dénombrait 40.000 taudis à Marseille, soit 100.000 personnes concernées sur 860.000 habitants. En novembre 2018, la mort de huit personnes dans l'effondrement d'un immeuble rue d'Aubagne, à deux pas du Vieux-Port, mettait dramatiquement en lumière le drame de l'habitat indigne dans la ville.

Sur ce dossier, M. Macron a répété qu'un grand plan a été engagé depuis juillet 2019 entre l'Etat et les collectivités avec une stratégie à 15 ans pour 1.000 hectares du centre-ville, soit 200.000 habitants. Insistant pour que les chantiers s'engagent "immédiatement" et que la gouvernance de ces dossiers s'améliore, le chef de l'Etat a annoncé le lancement d'une opération d'intérêt national pour la ville, une procédure qui permettra à l'Etat de copiloter ce gigantesque chantier et d'accélérer les procédures.

De même le président de la République a évoqué un doublement de la participation de l'Etat dans ce dossier du logement indigne. Initialement ce plan avait été annoncé à 600 millions d'euros, dont la moitié pour l'Etat.

Transport

Via un groupement d'intérêt public, qui devra être mis sur pied d'ici trois mois, le chef de l'Etat a promis de "désenclaver les quartiers nord" de la ville, les quartiers populaires, en assurant être "prêt à ce qu'on puisse avoir (un) financement d'un milliard d'euros, dont 250 millions en subventions, qui seront engagés par l'Etat". Cet argent servirait à automatiser les deux lignes de métro actuelles mais aussi à ajouter quatre nouvelles lignes de tramway aux trois déjà existantes, ainsi que cinq lignes de bus à haut niveau de service.

Le chef de l'Etat n'est pas allé plus loin dans les détails de ce dossier, n'évoquant pas par exemple ce projet depuis longtemps défendu notamment à gauche d'un prolongement du métro jusqu'à la cité de la Castellane et l'hôpital Nord.

La rédaction de RMC avec AFP