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Pourquoi le lundi de Pâques est-il férié?

Pâques, c'était ce dimanche. Mais pourquoi le lundi est-il férié alors que l'on ne célèbre rien ce jour-là? Les explications de Matthieu Rouault.

Le lundi de Pâques est férié… pour rien, juste pour le plaisir. C’est l’unique jour férié dans le calendrier français qui ne correspond ni à une commémoration nationale, ni à une fête chrétienne. Il ne se passe rien en ce lundi de Pâques. Pas de cérémonie religieuse, pas de traditionnel repas de famille, pas de cérémonie institutionnelle. Juste le fait de ne pas travailler.

En fait, à Pâques, le jour le plus important, c’est le dimanche, jour de la résurrection du Christ. Mais alors pourquoi lundi reste-t-il férié? Il faut se replonger dans l’Histoire et se rappeler que Pâques est le moment le plus important du calendrier chrétien. A tel point que Rome avait institué l’Octave de Pâques, huit jours fériés consécutifs, avec des messes tous les jours. Une tradition qui est restée jusqu’à la Révolution. Ce n’est qu’en 1802 que Napoléon fait du ménage parmi les 50 jours fériés français de l’époque et décide de ne garder à Pâques que le lundi férié.

Et les cloches? Passent-elles le dimanche ou le lundi?

Le dimanche. Dans la tradition, les cloches des églises catholiques cessent de sonner le Jeudi saint au soir -jeudi dernier- pour commémorer la mort du Christ le vendredi. Elles partent se faire bénir à Rome et carillonnent de nouveau dans la nuit du samedi au dimanche pour annoncer la résurrection du Christ. Et c’est sur leur passage, le dimanche matin, qu’elles font tomber œufs et cocottes.

Et le poisson alors? Qui a donc inventé ces poissons d’avril?

C’est une tradition bien française. Et c’est la faute de Charles IX. En 1564, il décrète que désormais, le début de l’année commencera le 1er janvier et non plus le 1er avril comme c’était le cas dans beaucoup de diocèses. Pour protester contre ce changement de calendrier, les fidèles décident de continuer de s’offrir des cadeaux le 1er avril. Et le cadeau le plus courant à l’époque, c’était un poisson, qui représente la fin du carême.

Et il était aussi courant d’offrir de faux poissons aux amateurs de pêche pour leur rappeler que le 1er avril marque le jour de la fermeture de la saison de pêche. Voilà donc comment le poisson d’avril a envahi, petit à petit, nos dos.

Matthieu Rouault (avec P.B.)