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RER A - Les réponses du Stif à la colère des usagers : "Il faut relativiser"

Des usagers du RER A attendent leur train sur les quais de la station Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne.

Des usagers du RER A attendent leur train sur les quais de la station Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne. - Martin Bureau - AFP

Invité de Jean-Jacques Bourdin, le vice-président du Stif (syndicat des transports d’Ile-de-France), Pierre Serne, a réagi à la menace d'une action de groupes d'usagers de la ligne A du RER contre la SNCF, la RATP et la région Ile-de-France, chargée du transport. Les usagers de la ligne A, la plus fréquentée d'Europe avec 1,2 millions de passagers chaque jour, dénoncent des retards et interruptions de trafic quasi quotidiens.

Les voyageurs du RER A, qui traverse l'Ile-de-France d'ouest en est en traversant Paris, sont excédés des retards, des suppressions de trains et des interruptions de trafics quasi quotidiens. Des associations envisagent une action de groupe contre la SNCF, la RAPT et la Région Ile-de-France, chargée du transport.

"Si la ligne n'était pas efficace, il n'y aurait pas 1,2 millions d'usagers"

"Le fait qu'il y ait de l'exaspération et de la colère, je le comprends, je suis moi-même usager de la ligne", a réagi Pierre Serne, vice-président du Stif (syndicat des transports d’Ile-de-France), ce mercredi chez Jean-Jacques Bourdin. "Mais malgré toutes les difficultés et le nombre de voyageurs, on a 85% de trains qui ont moins de 5 minutes de retard et les gros dysfonctionnements avec plus d'un quart d'heure de retard restent rare".

"Je vous garantis que si la ligne n'était pas efficace, il n'y aurait pas 1,2 million de voyageurs. Il faut relativiser", a-t-il demandé. La ligne A du RER est la plus fréquentée d'Europe et est empruntée quotidiennement par 150.000 voyageurs de plus qu'il y a 10 ans.

"Il n'y a aucune base juridique pour faire une class action"

Selon Pierre Serne, qui est également vice-président (EELV) de la région Ile-de-France, en charge des transports, l'éventuelle class action de voyageurs ne pourrait de toute façon pas aboutir. "Il n'y a aucune base juridique pour faire une class action, car il n'y a pas de relation contractuelle entre un voyageur et la RATP, a-t-il expliqué. La seule relation contractuelle qui existe c'est nous, le Stif, qui l'avons avec la RATP et la SNCF (co-gestionnaires de la ligne, NDR). Et nous leur infligeons des pénalités : à chaque fois qu'un train est supprimé ou en retard, ils ont une pénalité financière. Les pénalités tombent, et elles sont lourdes. Le RER A est en malus systématique parce que la SNCF et la RATP n'arrivent pas à tenir le nombre de trains par heure".

"Début 2017, tous les trains seront changés"

Enfin, le vice-président du Stif a rappelé que "début 2017, tous les trains seront changés. On vient d'en recommander encore dix, pour 150 millions d'euros. Nous avons tout un programme de modernisation de la ligne, qui a 40 ans. Nous travaillons à la mise en place de pilotage automatique pour entrer et ressortir plus rapidement des stations, ce qui permettra d'ajouter quelques trains chaque heure et de transporter plus de monde", promet-il.

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin.