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Rue Yasser Arafat à La Seyne (Var): une première qui agace la droite locale

Yasser Arafat, ancien leader de l'Autorité palestinienne et de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine), en 2004.

Yasser Arafat, ancien leader de l'Autorité palestinienne et de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine), en 2004. - Jamal Aruri - AFP

Les élus UDI-Les Républicains de La Seyne-sur-Mer ont déposé plainte lundi dernier contre la majorité socialiste, qui a décidé de baptiser une nouvelle artère de la ville du nom de l'ancien leader palestinien, Yasser Arafat.

Une rue Yasser Arafat verra-t-elle le jour à La Seyne-sur-Mer, dans le Var? Le conseil municipal socialiste de la ville, qui compte 64.000 habitants, a approuvé cette proposition à la majorité le 2 juin dernier. Mais ce projet de rue au nom du leader palestinien décédé en 2004 provoque la colère de l'opposition UDI-Les Républicains. Le chef de file de la droite, Jean-Pierre Colin (UDI) a donc déposé lundi dernier une demande d'annulation de cette délibération devant le tribunal administratif de Toulon. "Yasser Arafat, a été l'inventeur du terrorisme international, explique Jean-Pierre Colin. Si le seul argument municipal c'est de dire que Yasser Arafat a reçu le prix Nobel de la paix en 1994, ça ne me suffit pas"

"C'est un choix opéré par nos concitoyens"

Aucune rue en France ne porte le nom de Yasser Arafat. Seule la ville de Bobigny, en Seine-St-Denis, a baptisé une place "Yitzhak Rabin et Yasser Arafat", tous les deux prix Nobel de la Paix en 1994 avec Shimon Peres.

Cette rue Yasser Arafat doit voir le jour dans le quartier Berthe, un quartier populaire qui possède beaucoup de logements sociaux construis au début des années 60 pour les rapatriés d'Algérie, et qui bénéficie d'une rénovation urbaine. Ce sont les habitants qui ont suggéré ce nom pour une des nouvelles artères du quartier. "C'est un choix opéré par nos concitoyens, insiste Marc Vuillemot, le maire socialiste de la ville. Comme à la Seyne nous avons deux lieux qui portent le nom d'Yitzhak Rabbin, il serait utile que les deux autres tributaires du prix Nobel de la paix, Yasser Arafat et Shimon Peres, puissent également avoir leur nom donné à une artère. Les gens n'ont pas attendu Yasser Arafat pour vivre des situations de terrorisme".

"Et on va dire oui à un rond-point Mohamed Merah?"

Pour Jean-Pierre Colin, la mairie n'aurait pas dû demander son avis à la population du quartier. "On nous dit qu'on a hésité entre la rue Yasser Arafat et la rue Zinedine Zidane, vous voyez le niveau politique de cette affaire !". L'opposant de droite dénonce "l'abandon de la compétence du conseil municipal à un comité de quartier". 'Si demain un comité de quartier nous propose un rond-point Mohamed Merah (qui a tué 7 personnes, militaires et enfants d'une école juive, en 2012 à Montauban et Toulouse, NDR), on va dire oui ?", ironise Jean-Pierre Colin.

Marc Vuillemot, lui, reste philosophe. "Il vaut mieux retenir ce qu'écrivait Albert Camus : 'Il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser'".

P. G. avec C. Peyronnet et O. Verdier