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"6.500 à 10.000 dauphins meurent chaque année le long des côtes françaises", alerte la présidente de Sea Shepherd France

L'organisation Sea Shepherd lance une campagne pour alerter sur le sort des dauphins qui meurent sur les côtes françaises. Ils seraient entre 6.500 et 10.000 rien que sur la période de janvier à mars.

"Une hécatombe de dauphins le long des côtes françaises", dénonce Lamya Essemlali, la président de Sea Shepherd France. L'organisation de défense des écosystèmes marins a lancé ce mardi une campagne de sensibilisation au sort des dauphins tués le long des côtes françaises. Selon l'institut Pelagis, "6.500 et 10.000 dauphins meurent chaque année sur les côtes de Charente-Maritime et de Vendée simplement sur la période de janvier à mars". Mais selon Lamya Essemlali, il s'agit d'une fourchette basse: "En 2017, 800 dauphins se sont échoués sur cette période, la plupart avec des traces de capture. On sait aussi que 90% des dauphins tués coulent en mer, donc les 800 échoués ne sont que les visibles. Ce sont des pressions de capture intenables pour les populations de dauphins".

En cause les chalutiers pélagiques, ces chalutiers qui pêchent le bar généralement par deux en traînant un grand filet en forme d'entonnoir. Le filet passe dans les frayères, des endroits de l'océan où les bars se reproduisent et où les dauphins évoluent aussi.

"Il faut que les gens s'interrogent sur le prix qu'ils ne paient pas"

La présidente de Sea Shepherd France pointe aussi la responsabilité des consommateurs: "Il faut éviter de manger du bar surtout pendant la période de reproduction de janvier à mars, surtout le bar pêché par les chalutiers. Ceux qui veulent manger du bar: il faut s'en tenir au bar pêché à la ligne. Le bar pêché à la ligne coûte 79 euros le kilo alors que le bar pêché par les chalutiers pélagiques est à 7 euros le kilo, donc il faut que les gens s'interrogent sur le prix qu'ils ne paient pas. Ce prix, ce sont les dauphins et l'océan qui le paient, surtout que c'est une pêche qui n'est pas du tout durable".

Lamya Essemlali accuse aussi l'Etat d'éluder le problème: "L'Etat a fait la sourde oreille. La loi prévoit que les captures accidentelles soient déclarées. Sauf que l'Etat n'a habilité aucun organisme à recevoir ces déclarations. Il y a une opacité autour de ce problème-là qui est entretenue par l'Etat".

P.B.