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7 ans de retard, facture multipliée par 3: pourquoi l'EPR de Flamanville est-il toujours nécessaire?

Nouveau coup dur pour EDF: un problème de soudure a été détecté sur le réacteur de l'EPR et qui pourrait différer son démarrage de plusieurs mois, voire un an...

C'était censé être le fleuron de l'industrie nucléaire "made in France", mais les déboires s'enchaînent pour ce réacteur de troisième génération. EDF a annoncé jeudi un possible nouveau retard de "quelques mois" du démarrage de l'EPR de Flamanville. Le travaux ont pourtant déjà sept ans de retard et la facture a été multipliée par 3, dépassant aujourd'hui les 10 milliards d'euros. 

Un nouveau dysfonctionnement après une anomalie sur le couvercle, sur la cuve: EDF avait annoncé en avril avoir constaté des "écarts de qualité" sur des soudures de la tuyauterie du réacteur en construction en Normandie, dont le démarrage était jusqu'ici prévu à la fin de l'année. Ils concernent les tuyauteries du circuit secondaire principal, qui relient le générateur de vapeur à la turbine qui produit l'électricité.

C'est évidemment une très mauvaise nouvelle pour EDF, qui envisage de vendre ces modèles de centrale à l'Inde et à l'Arabie saoudite... 

Par ricochet, la fermeture de la centrale de Fessenheim est repoussée. "Un décalage de quelques mois du démarrage du réacteur EPR de Flamanville 3 faisant partie des hypothèses envisagées, EDF se met en situation de poursuivre l'exploitation des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim jusqu'à l'été 2019", indique dans un communiqué l'électricien.

La doyenne des centrales françaises, située dans le Haut-Rhin, ne peut pas fonctionner après la mise en route de Flamanville en vertu d'une loi qui plafonne la capacité nucléaire française.

Victor Joanin et X.A