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Altercations franco-britanniques autour de la coquille Saint-Jacques: "Un jour, ça finira mal"

Des pêcheurs français et britanniques se sont affrontés mardi matin en Manche. Les premiers ont cherché à faire fuir les seconds d'un gisement de coquilles Saint-Jacques que les Français tentent de préserver.

Scène impressionnante au large des côtes normandes mardi matin. Dans les eaux de la Manche, des heurts ont éclaté entre 35 bateaux français et 5 bateaux britanniques. Les Normands ont cherché à faire fuir les Britanniques d'un gisement de coquilles Saint-Jacques qu'ils tentent de préserver.

Franck Enault fait partie des 35 pêcheurs normands qui ont participé à l'opération: "On n'a pas essayé de taper dedans. Oui, il y a eu des fumigènes, c'est de la fumée, ça ne fait pas de casse, mais eux, ils ont embrayé et ils ont essayé de couler les bateaux. Un jour, ça finira mal", prédit-il.

"Tant qu'on n'aura pas d'accord, ça ira au clash"

Les bateaux anglais pêchent déjà la coquille Saint-Jacques alors que les Français doivent attendre le 1er octobre, une situation difficile à accepter: "Les coquilles, c'est entre 80 et 90% de notre chiffre d'affaire. Si on n'a pas ça, nos bateaux ne sont pas viables. C'est normal que ça aille au clash. Tant qu'on n'aura pas d'accord, ça ira au clash".

Les pêcheurs français qui ne pêchent la coquille que du 1er octobre au 15 mai, demandent aux Britanniques, dont la pêche n'est pas réglementée dans le temps, de rester au nord d'une ligne qui va de Barfleur (Manche) au Cap d'Antifer (Seine-Maritime), pour préserver la ressource.

Pas d'accord entre pêcheurs en 2018

Cela fait plusieurs années que les relations entre pêcheurs français et britanniques de coquilles Saint-Jacques sont tendues. Certaines années, des accords partiels sont trouvés entre pêcheurs britanniques et français de coquilles, mais pas pour 2018.

Cette escalade de tensions inquiète Nicolas Langlois, maire communiste de Dieppe: "Il serait temps qu'il y ait un ou deux ministres qui se penchent sur cette situation de la coquille Saint-Jacques d'autant que les pêcheurs font des propositions très concrètes notamment d'avoir une zone de protection dans laquelle n'interviendraient ni les Anglais, ni les Français. Donc à partir de cette proposition, on peut apaiser les choses et permettre à tout le monde de pêcher la coquille Saint-Jacques et de régaler ceux qui aiment la déguster".

La pêche de la coquille Saint-Jacques permettrait de faire vivre 1.200 familles selon le comité régional des pêches de Normandie.

Cécile Costes (avec P.B.)