RMC

COP21 - Affrontements place de la République: "Il ne faut pas lâcher. Je reviendrai"

TEMOIGNAGES - Des échauffourées ont éclaté dimanche après-midi entre forces de l'ordre et des manifestants anti-COP21 place de la République à Paris, lieu symbolique devenu "mémorial" des victimes des attentats du 13 novembre. Des heurts qui se sont soldés par 289 interpellations, dont 174 gardes à vue.

Le climat était plus que tendu ce dimanche place de la République, à Paris. Alros que la grande marche pour le climat avait été interdite suite aux attentats du 13 novembre, des milliers de manifestants écologistes s'étaient tout de même rassemblés pour plusieurs actions symboliques. Si la grande majorité à manifester pacifiquement, une minorité de militants encagoulés, certains vêtus de noir, ont affronté les forces de l'ordre. Ils ont jeté des projectiles et des bouteilles en verre sur les CRS qui ont répliqué à coup de gaz lacrymogènes. Des heurts qui se sont soldés par 289 interpellations, dont 174 gardes à vue.

>>>> Revivez les événements de la journée

Parmi eux des proches de Samuel. "Oui, il y a eu des jets de projectiles", reconnaît le jeune, qui a lui aussi affronté les forces de l'ordre. "On a que des pierres. Ils ont des matraques, des flash-balls et ils nous tirent dessus à vue. Comment voulez-vous que l'on riposte?, ajoute-t-il, comme pour justifier leurs actes. C'est disproportionné et injuste". Mais malgré l'état d'urgence, et malgré les échauffourées de ce dimanche, Christine l'assure: elle reviendra manifester pendant la COP21.

"J'étais à ma place"

"Ils font ça pour nous effrayer. Oui, on s'est fait gazer, on en a eu plein les yeux. Mais c'est vraiment pour nous saper le moral et nous désolidariser. Mais je pense qu'il ne faut pas lâcher. Je reviendrai", assure-t-elle. Marjolaine faisait elle aussi partie des manifestants. Et les incidents ne l'ont en rien découragée. "Ce n'était pas forcément un bel après-midi mais en tout cas j'étais à ma place, estime-t-elle. C'est la première fois que je participais à une manif interdite et que je me faisais gazer mais je suis quand même très heureuse d'avoir pu être là".

"Il faut donc continuer et surtout pas s'arrêter à cette seule manifestation, qui a en plus été assez problématique. Je reviendrai donc manifester", admet-elle. Manifester à nouveau? Michet Cadot, le préfet de Paris, le déconseille vivement: "Tous ceux qui étaient dans ce groupe ont enfreint clairement une interdiction de manifester. Les sanctions et les conséquences juridiques que la loi prévoit pour ce type de situation seront strictement appliquées", prévient-il. Braver l'interdiction de manifester, c'est risquer jusqu'à 6 mois de prison et une amende de 7.500€.

Maxime Ricard avec Benjamin Smadja