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Faut-il interdire la corrida?

La SPA a déposé plainte ce jeudi contre les spectacles de corrida pour "sévices graves et actes de cruauté". La plainte vise les toreros, les organisateurs et les municipalités qui les autorisent.

Après la chasse à courre, la SPA déclare la guerre à la corrida. L'association de défense des animaux a annoncé jeudi avoir porté plainte à Paris pour "sévices graves et actes de cruauté" envers les taureaux. Ainsi l'association vise directement les organisateurs de corrida, les toreros et les villes organisatrices.

> Pour Natacha Harry, présidente de la SPA France, la pratique de la corrida n'a rien de culturel:

"Il y a des pratiques plus intimistes qui perdurent dans notre pays. Je pense à la corrida qui existe dans 10 départements français parce qu'elle est autorisée à titre d'exception culturelle. Pour nous, il n'y a aucune culture dans le fait de fabriquer la torture et la mise à mort d'un animal et cet acte de cruauté doit être puni en tant que tel".

> Frédéric Pastor, conseiller municipal LR de Nîmes en charge de la tauromachie, déplore une mauvaise connaissance de cette culture:

"Les gens qui sont un peu heurtés par la tauromachie, c'est qu'ils ne la connaissent pas. Et malheureusement ceux qui en parlent le plus en mal, et notamment la SPA, mais aussi certaines associations, c'est qu'ils ne la connaissent pas. C'est un art qui traverse le temps et qui est légal. Il peut heurter je l'entends, mais c'est magnifique".

Dans les neuf mois à venir, la SPA mènera des actions judiciaires sur quatre grands thèmes : les animaux de divertissement (corrida, chasse à courre, cirque) ; d'élevage (animaux destinés à l'abattoir et ceux tués pour la fourrure) ; d'expérimentation et enfin l'animal domestique, avec l'espoir qu'il soit reconnu comme "une personnalité juridique ou technique".

Mahauld Becker-Granier (avec P.B.)