RMC

Il y a trois loups en Ile-de-France: deux dans la forêt de Rambouillet et un dans la forêt de Fontainebleau

Selon, l'Observatoire du loup, il y aurait trois canidés en région parisienne

Selon, l'Observatoire du loup, il y aurait trois canidés en région parisienne - AFP

Les loups vont-ils bientôt entrer dans Paris? Pas nécessairement mais, selon deux associations, l'animal serait présent à différents endroits en Ile-de-France. C'est en tout cas ce que confirme ce mardi, à RMC.fr, Jean-Luc Valérie, président de l'Observatoire du loup.

Jean-Luc Valérie, président de l'Observatoire du loup:

"L'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) s'est rendu, fin décembre, dans la forêt de Rambouillet (Yvelines), pour aller expertiser deux chevreuils décédés. Mais leurs conclusions sont celles de personnes incompétentes. En effet, les personnes venues faire cette expertise n'ont pas été formées à la prédation du loup. Ils sont venus simplement pour faire un constat de braconnage. Ils n'ont trouvé ni traces de tirs, ni traces de collision. En revanche, ils ont vérifié l'état sanitaire du gibier. Ils l'ont jugé 'satisfaisant', selon leurs déclarations, et n'ont donc pas conclu la présence du loup.

Nous, à l'Observatoire du loup, nous sommes venus faire nos propres constatations. On a fait des recherches plus approfondies. Là où eux n'ont pas trouvé de traces de morsures, nous, nous en avons constaté. Plus précisément, on a trouvé une trace de morsure d'immobilisation sur un chevreuil, d'une cinquantaine de millimètres, typique de celle du loup et certainement pas du renard.

"Le loup n'est pas dangereux pour l'homme"

Sur le chevrillard, les viscères rouges ont été consommées, et l'intestin et l'estomac ont été laissés de côté. Ce qui, une nouvelle fois, est totalement typique du loup. La conclusion de l'ONCFS est qu'ils ne sont pas en mesure de savoir si ces animaux sont décédés suite à une prédation d'origine animale. Ce qui est assez drôle. Quand ils veulent de l'ADN, ils en cherchent. Mais là ils ont gagné du temps et ça leur a évité de dégager des budgets qui ne sont pas disponibles.

Pour autant, il n'y a aucune inquiétude à avoir. Personnellement, j'ai pisté le loup à de nombreuses reprises, de nuit comme de jour, je n'en ai jamais vu. Pourtant, ils sont là. Cela s'explique par le fait que le loup ignore complètement la présence de l'homme. Et de toute façon, il n'est pas dangereux pour l'homme. Depuis trente ans que le loup a commencé à se disperser sur le territoire national, à ma connaissance il n'y a pas un seul cas, même de tentative, d'attaque sur l'homme.

On peut expliquer cette présence du loup en Ile-de-France par l'important braconnage qui existe dans l'est du pays. Ainsi, un loup a été braconné en janvier 2014 dans la Marne. Ils (les braconniers) n'en sont certainement pas restés à ce stade. Cela a donc entraîné des dispersions vers l'ouest. On a aussi constaté la présence de trois canidés dans l'Aude et en Haute-Marne. Ils ont eux aussi été chassés et se sont ensuite dispersés dans le sud de la Haute-Marne, dans l'Yonne et jusque dans le Limousin. Depuis, ils sont donc remontés sur la région parisienne. Il y en a deux en forêt de Rambouillet et un dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne).

"L'ONCFS a menti"

L'ONCFS est un organisme géré par les chasseurs et l'Etat et a été mis en place pour verrouiller certaines choses. Il faut savoir que leurs deux meilleurs techniciens sur le sujet, Alain Laurent et François Léger, ont été retirés du dossier. Alain Laurent a été viré après dix ans de bons et loyaux services car il avait certainement trop parlé. François Léger, lui, a été dévoué à l'étude du blaireau. Il ne reste que Monsieur Eric Marboutin qui raconte des histoires à la presse depuis de nombreuses années. Je trouve ça inadmissible.

Ce n'est pas la première fois que l'on prouve que l'ONCFS a menti. Quand le loup est arrivé dans les Vosges, c'est moi qui ait averti la presse. La direction régionale de l'ONCFS disait de son côté qu'il s'agissait peut-être d'un loup alors qu'elle savait depuis trois semaines qu'une quarantaine de brebis avaient été tuées dans la région. Mais comme ils avaient déterminé qu'il n'y avait qu'un seul loup dans le coin, ils n'ont pas indiqué celui-ci. Dans la Marne aussi, c'est encore une fois moi qui ait donné les éléments concernant le braconnage du loup. Le préfet n'était même pas informé.

Moi je n'ai rien à prouver. Ça ne m'apporte rien mais je constate qu'ils ne font pas leur boulot. Je suis en train d'analyser des documents, dont certaines photos, prouvant la présence du loup en Seine-et-Marne. Nous allons donc leur mettre la pression toute l'année."

Propos recueillis par Maxime Ricard