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Ils ont une plaque impaire et roulent malgré la circulation alternée: "J'ai joué, j'ai perdu"

Ce mardi en Ile-de-France, les véhicules impairs devront rester au garage en raison de la persistance de la pollution aux particules fines et au dioxyde d'azote. Une mesure loin de réjouir les automobilistes parisiens interrogés par RMC.

Pour la quatrième fois en 20 ans, Paris met en place la circulation alternée. Plus précisément, dans la capitale et 22 communes de la petite couronne, seuls les véhicules dont le numéro sur la plaque d'immatriculation est pair pourront circuler en raison de la pollution aux particules fines et au dioxyde d'azote, a annoncé lundi le préfet de police Michel Cadot. Quelques dérogations existent malgré tout, pour certains professionnels dont la voiture est un outil de travail. Et si vous circulez sans autorisation, c'est amende 22 euros et possible immobilisation du véhicule.

Et ce mardi matin, Yannick est venu travailler à Paris en prenant le risque de venir avec sa plaque d'immatriculation impaire. Interpellé par la police, il va donc devoir payer: "J'étais en route pour le travail. Je dois commencer à 7h00 mais ils m'ont arrêté. Je le savais, je m'en doutais… C'est mérité mais bon il faut bien aller travailler. J'ai joué, j'ai perdu". Et d'ajouter, dépité: "Je vais devoir aller redéposer ma voiture à Nanterre (Hauts-de-Seine) et prendre les transports en commun. C'est un peu abusé d'attaquer les gens à 6h00 comme ça".

"C'est nul, ça ne changera rien"

"Je vais rouler quand même, assure cet automobiliste. Il faut bien aller bosser. Qui est-ce qui va me payer pendant que je vais rester chez moi? C'est nul. Ça ne changera rien". Michel a lui aussi été contrôlé. En raison de son handicap, les policiers le laissent finalement partir. "Je suis convoqué à l'hôpital. J'avais pris mon rendez-vous il y a six mois, je ne peux pas faire autrement, indique-t-il. Ils ne verbalisent pas régulièrement, la preuve".

"Je ne peux pas assurer ma mission professionnelle parce que j'ai des clients un peu partout en Ile-de-France, regrette Baptiste. On verra si l'employeur joue le jeu par la suite". Le dispositif pourrait être reconduit demain si les taux pollution ne s'améliorent pas.

M.R avec Romain Poisot et Thomas Chupin