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Interdiction du glyphosate: le gouvernement se renie-t-il?

Les députés planchent depuis plusieurs jours sur l'examen du projet de loi "alimentation et agriculture". Mais quid de l'interdiction du glyphosate, une promesse d'Emmanuel Macron, ne figure pas dans le texte? Ca fait débat.

Tout part d'un tweet présidentiel. Emmanuel Macron a tweeté le 27 novembre 2017: "J'ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l'utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans".

Six mois plus tard, pourtant, aucune référence au glyphosate dans le texte de loi censé mentionner l'herbicide. De quoi susciter la colère de François Veillerette, porte-parole de Générations Futures:

"C'est plus qu'un renoncement, c'est purement scandaleux! Le président de la République a clairement fixé un objectif de sortie du glyphosate sous trois ans. Et là, le ministère de l'Agriculture décrète de manière unilatérale qu'il ne se passera rien. Ce n'est même plus dans le plan pesticide. C'est une régression complète par rapport aux annonces précédentes. J'en appelle à Emmanuel Macron pour réagir, il ne peut pas laisser cette loi ne pas prendre une mesure d'interdiction du glyphosate. Ou sinon la parole politique n'a plus aucun sens et ça serait désastreux". 

Dans le détail, un amendement déposé par la député Delphine Batho a bien été déposé pour interdire le glyphosate, mais il a été rejeté en commission.

"Engagement" ou "mobilisation"?

Que répond le gouvernement? Stéphane Travert a bien lu, lui aussi, le tweet d'Emmanuel Macron. Pour le ministre de l'Agriculture, il ne faut pas confondre "engagement" du président et "mobilisation". Le ministre de l'agriculture tient sa ligne : pas d'interdiction du pesticide le plus utilisé au monde, sans solution alternative. 

"Monsieur Macron revient à ce qu'il a toujours déclaré: il ne peut pas y avoir d'interdiction sans solution pour les agriculteurs" plaide également la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert sur RMC.

"Il faut des solutions plutôt que des interdictions. Les agriculteurs sont au travail, les centres de recherches, les semenciers vont chercher des solutions. Le président de la République a mis en avant lors de ses voeux à l'agriculture le pragmatisme. Il a demandé une mobilisation très forte et à partir de cela, ce serait dommage, dans la loi, de décider si vite alors que la recherche n'a pas encore commencé et d'interdire tout de suite" 

C'est pourtant ce que demandent plus de 40 000 signataire d'une pétition lancée par une trentaine d'ONG. Le projet de loi "Alimentation" doit encore être discuté à l'Assemblée pendant une semaine. Nicolas Hulot, le ministre de la Transition Ecologique, n'a pas pris position. 

Pierre Rigo et X.A