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La transition écologique dans le sport est-elle possible?

"Transition écologique": ces deux mots sont l'axe principal de la politique souhaitée par la Première ministre Élisabeth Borne. Même dans la bouche de la ministre des Sports. Car souvent écologie et sports ne font pas bon ménage. Est-ce qu'une transition écologique est réélement possible dans le sport? Décryptage avec l'équipe de la Matinale week-end de RMC.

"Transition écologique": ces deux mots sont souvent revenus dans la bouche du chef de l'État, Emmanuel Macron, pendant la campagne de l'entre-deux-tours, ou dans celle de la cheffe du Gouvernement, Élisabeth Borne, depuis son intronisation à Matignon, mi-mai. Deux ministres chargés exclusivement de cette thématique, un secrétariat général rattaché directement à Matignon et du vert dans tous les ministères. Même au ministère des Sports, des Jeux olympiques et paralympique. Car la problématique de l'écologie dans le sport est importante. Les grandes compétitions sont souvent des gouffres en matière d'émissions de gaz à effets de serre.

3,6 millions de tonnes de CO² pour des J.O.

Ainsi en 2016, les Jeux olympiques de Rio ont généré huit millions de mètre cubes d’eau, 17.000 tonnes de déchets, 23 millions de litres de combustible, 28.500 avions en transit à l’aéroport de Rio et 3,6 millions de tonnes de CO². Tout ça pour 17 jours de compétition. Alors que la France doit organiser l'édition 2024 de la grande messe du sport, est-ce réélement compatible avec un objectif de transition écologique?

La ministère des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, invité ce samedi de RMC, souhaite en tous cas être proactive en la matière. Si elle juge le cadre "autour de l'ONU Climat et de Sport for climate change", "bien conçu" elle estime qu'il faut aller plus loin. D'abord en généralisant la "charte des 15 engagements écoresponsables" à "tous les événements sportifs". Objectif : que tout événement organisé en France ait une démarche "volontaire" pour utiliser les énergies renouvelables, promouvoir les mobilités douces, avoir une approche contre le gaspillage alimentaire, une gestion des déchets, etc.

C'est ainsi que le Tour de France, champion des déchets avec sa caravane publicitaire et sa flotte de voiture, a décidé de progressivement passer du jaune de son maillot au vert du plus écolo. Lors de son édition 2021, tous les goodies de la caravane étaient soit éco-responsables, durables et/ou recyclables. De même, les voitures de direction de course, des équipes sont à minima hybrides, et certaines véhicules sont même électriques comme la voiture du directeur, Christian Prudhomme, sur certaines étapes. Avec pour objectif de passer rapidement au 100% électrique, même si le manque d'infrastructures de rechargement dans les villes étapes freinent cette bascule.

Les transports, point noir des compétitions sportives

Deuxième démarche: limiter les déplacements. Ainsi, à Roland-Garros, la ministre des Sports, ancienne dirigeante de la Fédération de Tennis, estime à 90% la port du transport dans l'empreinte carbone du tournoi. Un chiffre colossal qui ne peux réduire que de deux façons si les tournois veulent continuer à exister: une restructuration des calendrier avec des mobilités plus douces.

"On a besoin de mesures structurelles avec les organisteurs des circuits, des compétitions, pour optimiser les déplacements, pour régionaliser les compétitions et limiter le recours à l'aérien", déclare Amélie Oudéa-Castéra.

La ministre des Sports annonce que Paris 2024 est aussi engagé dans la course au développement d'un carburant écologique qui limiterait ainsi l'empreinte carbonne des Jeux olympiques.

Face au défi climatique, la planète peut aussi compter sur les sportives et les sportifs, qui, de plus en plus, s'engagent, à l'instar de la rugbywoman Lénaïg Corson, invitée de la matinale week-end de RMC ce samedi, qui pense aussi qu'il faut repenser le modèle des compétitions internationales:

"Nos compétitions sont partout dans le monde. On émet énormément de carbone en prenant l'avion. Il faut peut-être forcer les organisateurs et les instances internationales à modifier le calendrier, penser à quelque chose de plus continental et repenser le système de compétition", juge la gagnante du Tournoi des VI Nations 2021.

Réduire l'empreinte du sport au quotidien

Autre défi de la joueuse du XV de France et du Stade Français: faire réduire l'empreinte carbone du sport au quotidien. Il existe plusieurs astuces et quelques challenges comme se déplacer avec des mobilités douces vers le centre d'entrainement, "réduire la consommation de protéines animales, consommer local",...

Très concrètement, au Stade Français, grâce au athlètes, "on a supprimé toutes les bouteilles en plastique" soit "75.000 bouteilles par an" en moins, remplacées par une quinzaine de fontaines à eau. De même, le club parisien va supprimer une cinquantaine poubelles individuelles pour les remplacer par des poubelles de tri. Objectif: trier les déchets organiques (peau de banane, peau d'orange, restes du repas du midi...) pour faire du compost, du terreau qui sera utilisé dans les jardineries. Même en sport, rien ne se perd, tout se transforme, même les essais.

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC