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Le loup représente 50 fois moins que les autres causes de mortalité chez les ovins

Faut-il tuer les loups en France ?

Faut-il tuer les loups en France ? - Philippe Huguen / AFP

3000 brebis, des bovins et même un lama ont été rassemblés sur des pâturages, dans l'Aveyron, samedi. Une représentation symbolique du nombre d'animaux tués par le loup en France depuis quatre mois.

Faut-il abattre les loups ? Des centaines d'éleveurs et d'élus, accompagnés de milliers d'animaux, se sont rassemblés samedi en Aveyron pour dénoncer selon eux "le massacre" provoqué par la présence du loup et "la menace" qu'il représente sur le pastoralisme en France.

Depuis janvier, 4153 animaux ont été "prédatés" par le loup en France, selon la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement d'Auvergne Rhône-Alpes, chargée du dossier au niveau national. Sur l'ensemble de l'année 2016, ce sont plus de 10.000 bêtes qui ont été tuées contre un peu plus de 9000 en 2015.

"Le 'plan loup' ne fonctionne pas en France"

Pour Arnaud Viala, député Les Républicains de l'Aveyron, il faut remettre à plat les mesures en vigueur:

"Aujourd'hui, la population des loups, compte tenu de leur protection élevée, augmente en permanence. Les attaques sont de plus en plus fréquentes. Il y a un 'plan loup' en France qui dysfonctionne car il n'est pas à la hauteur de la situation", estime l'élu. "On doit réfléchir sur le long terme. Quelle place on veut faire pour ce prédateur en Europe ? Il faut que le gouvernement français prenne une décision très claire", poursuit-il.

"Le loup représente 50 fois moins que les autres causes de mortalité chez les ovins"

Pour Pierre Rigaux, représentant de l'association de défense des loups, Cap Loup, une chose est certaine: tuer l'animal ne servira strictement à rien.

"De fait, il y a plusieurs milliers d'animaux qui sont tués chaque année par des possibles loups. Cela représente 50 fois moins que les autres causes de mortalité chez les ovins. Dès qu'il y a des loups, la prédation sur les troupeaux continue tant qu'ils ne sont pas assez protégés. Dans les départements du Sud-Est, l'élevage ovin régresse moins que dans les départements où il n'y a pas de loups", indique-t-il.

Le loup, qui a refait son apparition en France au début des années 90, représente aujourd'hui une population d'environ 360 têtes, selon l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). L'animal, présent sur 90% du territoire français jusqu'à la fin du 18ème siècle, avait alors disparu dans les années 30. Il est désormais présent dans une trentaine de départements.

Jean-Baptiste Bourgeon avec Arthur Blanquet