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Loups, ours: ont-ils leur place en France?

Les ours posent des soucis aux éleveurs qui voient parfois leurs troupeaux attaqués, mais les loups et les ours doivent-ils être bannis pour autant ? RMC ouvre le débat ce mercredi.

Les grands prédateurs ont-ils leur place en France? C'est la question qui fait débat ce mercredi matin sur RMC. L'ours était au centre de la rencontre mardi entre Nicolas Hulot et les députés des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées. Et le ministre de la Transition écologique cherche toujours à convaincre les anti-ours.

Deux femelles seront réintroduites à l'automne dans les Pyrénées-Atlantiques, où deux mâles vivent encore. Nicolas Hulot vise à atteindre une cinquantaine d'individus dans les Pyrénées à l'horizon 2028. Ils sont 43 aujourd'hui.

"Les éleveurs n'en peuvent plus de voir leurs troupeaux dévorés"

Mais sur place les oppositions sont toujours très vives, 450 brebis ont été tués par l'animal l'an dernier selon les chiffres de la confédération paysanne. Et pour les anti-ours, comme pour les anti-loups, les grands prédateurs ne peuvent pas cohabiter avec les éleveurs en montagne, comme l'explique Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA.

"La réalité du pastoralisme montre que c'est affreusement compliqué. Les éleveurs n'en peuvent plus de voir leurs troupeaux dévorés. Ce sont des milliers de victimes. C'est une recrudescence d'attaques donc il faut abattre plus de loups et ne pas introduire d'ours. Si on veut sauver la biodiversité montagne et le pastoralisme on en peut pas tolérer ce qui se passe en ce moment."

"Il y a des difficultés réelles de cohabitation que l'on doit pouvoir régler"

Les éleveurs déjà échaudés par le plan Loups de Nicolas Hulot qui vise une population de 500 individus dans les 5 prochaines années. Il faudra faire fi des résistances, selon le naturaliste Pierre Rigaux qui assure que les grands prédateurs ont toute leur place dans nos montagnes.

"Les loups et les ours ont toute leur place en France, plus que jamais. On donne des leçons aux Africains pour leur dire de protéger les éléphants chez eux, aux Chinois pour leur dire de protéger les tigres... Il y a des difficultés réelles de cohabitation que l'on doit pouvoir régler, mais il faut évidemment les protéger et ils ont toute leur place."

Nicolas Hulot peut compter sur un soutien populaire. Selon un sondage réalisé au début de l'année 84% des Français sont favorables au maintien d'une population d'ours dans les Pyrénées.

Victor Joanin (avec J.A.)