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MaPrimeRenov: le dispositif d'aide à la rénovation énergétique connaît de sérieux ratés

Des familles sont dans l'attente des aides promises pour la transformation énergétique de leur logement et doivent parfois avancer des sommes conséquentes aux artisans alors que l'aide est sensée tomber dans les quinze jours suivant la fin des travaux.

MaPrimeRenov, dispositif vanté par le gouvernement, connaît de sérieux ratés. Des milliers de ménages modestes attendent de pouvoir démarrer leurs travaux de rénovation énergétique, voire se retrouvent en difficulté financière à cause des retards de versements de l'aide.

160.000 demandes de subvention ont été faites sur les 3 derniers mois, selon l’Anah, l'opérateur chargé de gérer ce dispositif d'aide à la rénovation thermique. 

L’Agence explique que 3% de ces demandes posent problème. Ces retards sont dus à des "anomalies techniques", des bugs informatiques et promet qu’elle met tout en œuvre pour les résorber.

"Ils disent qu'on touchera l'argent mais ne nous donnent pas de dates"

Mais derrière ces chiffres et ces expressions technocratiques, se cachent des familles dans la panade. L'aide doit en théorie être versée dans les 15 jours qui suivent la fin des travaux. Mais Adeline, qui a fini l'isolation de sa maison dans l'Allier, patiente depuis plus de 2 mois, elle a dû emprunter pour payer les artisans.

"C'est un emprunt qui n'était pas prévu du tout. Or il se trouve qu'on va avoir un deuxième enfant et malheureusement on est obligés de penser à ça tout de suite car c'est quand même 11.000 euros. C'est énorme, ils n'ont aucune conscience de ce que ça représente pour les familles en familles."

Des retards de plusieurs mois et personne au bout du fil pour rassurer ces milliers de familles. David attend 10.000 euros d’aides depuis décembre pour l’installation d’une chaudière à granulés.

"Je les appelle toutes les semaines et ils me disent qu'ils remontent l'information. Ils disent qu'on touchera l'argent mais ne nous donnent pas de dates."

"Le zéro bug n'existe pas"

L'agence publique chargée de maPrimeRénov, l'Agence nationale de l'habitat, reconnaît ces retards même si Alain Brossais, son directeur, minimise leur importance.

"Le zéro bug n'existe pas. Tout le monde peut comprendre qu'il puisse y avoir quelques dossiers qui rencontrent des difficultés techniques. L'ordre de grandeur est autour de 3%"

Une équipe est dédiée au traitement de ces dossiers en retard mais aucun renfort d'agent n'est prévu pour les réduire. 

Victor Joanin (avec J.A.)