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Amélie, volée pendant les inondations: "Ils étaient déterminés à s'enrichir sur le malheur des autres"

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TEMOIGNAGE - Malgré les patrouilles de policiers, plusieurs habitants d'Ile-de-France ont eu la mauvaise surprise de constater que leur maison avait été cambriolée durant les inondations. C'est le cas d'Amélie, habitante de Crosne (Essonne) rencontrée par RMC.

Inondations et cambriolage: la double peine. A Crosne dans l'Essonne, là même où Manuel Valls s'est rendu jeudi dernier, plusieurs cambriolages de maisons évacuées ont eu lieu la semaine dernière. Les malfaiteurs se sont probablement déplacés en barque pour atteindre des maisons qu'ils savaient vides. Ils étaient d'autant plus tranquilles que certains quartiers étaient presque déserts. RMC a rencontré l'une de ces doubles victimes: Amélie, revenue voir ce dimanche l'état de sa maison. Aujourd'hui, résignée, elle doit donc gérer un double traumatisme.

"Après l'inondation, on était déjà complètement effondrés. Cela a été très difficile pour nos deux petites filles, qu'on a essayé de préserver au maximum. Après le cambriolage, on a relativisé en se disant qu'il n'avait rien à prendre. Mais faire de tels actes sur la misère des autres, c'est lamentable", se désole-t-elle. Lamentable mais relativement aisé pour les cambrioleurs, car la maison était évidemment vide. Et, avec un minimum d'équipements, il était facile d'y entrer.

"C'est lamentable"

"Ils ont pu accéder à la maison uniquement en barque, estime Amélie. Il n'y avait que cette solution parce que dans le jardin il y avait 1,90m d'eau". Un cambriolage en barque donc qui s'est déroulé dans la nuit de jeudi à vendredi. "Vendredi matin mon mari est revenu, les fenêtres du premier étage étaient toutes ouvertes, assure encore Amélie. Ils ont défoncé le volet et la fenêtre et sont arrivés directement dans notre chambre. Ils étaient déterminés à s'enrichir sur le malheur des autres. Ils ont retourné le linge, bien rangé, pour fouiller… Ils recherchaient avant tout des bijoux et de l'espèce mais il n'y avait rien de tout ça puisqu'on a tout pris en évacuant".

Pour Frédéric Benoît, directeur de la sécurité à Montgeron (Essonne), commune voisine de Crosne, ce type d'incidents n'a rien d'étonnant. "Dans ce genre de situation, il est beaucoup plus facile de cambrioler des pavillons puisqu'il n'y a plus personne dans le secteur, souligne-t-il. Il n'y a plus que les forces de l'ordre. Et des gens nous ont appelés pour nous dire qu'ils avaient repéré des personnes rôdant près des maisons sinistrées". Pour éviter de nouveaux cambriolages, des patrouilles de police tournent désormais la nuit.

M.R avec Claire Checcaglini