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"Mourir de froid, c'est ce que je crains": les nuits d'angoisse de cette maman et de son fils SDF à Paris

TÉMOIGNAGE RMC - Les températures baissent sérieusement sur l'ensemble du territoire et certains départements ont activé leur plan "grand froid" qui débloque notamment des places supplémentaires dans les centres d'accueil pour SDF. A Paris, Saliha nous a raconté ses craintes liées au froid.

Sept départements ont activé lundi leur plan "grand froid" pour l'hébergement des sans-abris, alors que la neige tombe déjà ce mardi dans l'Hexagone. Fin octobre, le ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie avait annoncé l'ouverture de 14.000 places supplémentaires pour les sans-abris en cas de grand froid, ainsi qu'une enveloppe de 5 millions d'euros pour renforcer les maraudes.

Ce plan Grand Froid permet l'ouverture, sur décision des préfets, de places d'hébergement supplémentaires en fonction des températures ressenties et de la situation dans chaque département. 

"C'est grâce à mes enfants que je tiens le coup. C'est pour eux que je me bats"

Car, chaque année, plusieurs dizaines de sans-abris meurent dans la rue. Cela fait treize mois que Saliha est sans domicile fixe, treize mois qu'une fois la nuit tombée, accompagnée de son fils Hakim, 14 ans, elle cherche un endroit où se réfugier.

"Ca m'est arrivé de dormir sur des bancs avec mes enfants dans les bras pour pouvoir les réchauffer. C'est grâce à eux que je tiens le coup. C'est pour eux que je me bats."

Mais avec l'arrivée de la neige et des températures négatives, son manteau, fermeture éclair cassée, ne suffit plus.

"On essaie de se réchauffer n'importe où, dans les hôpitaux, les métros. On se réchauffe n'importe où. Mourir de froid, c'est ce que je crains. Et je peux vous dire que c'est pas facile".

"Quand on est dans la rue les gens nous regardent, ça nous blesse car on nous prend pour des moins que rien"

Alors pour une petite heure de réconfort. Elle vient dans cette cantine solidaire de l'Armée du salut où 400 personnes affluent quotidiennement.

"Ca fait du bien qu'on soit un petit peu au chaud. D'avoir un repas chaud, un peu de chaleur humaine. On discute, on raconte un peu nos vies. Et on essaye de s'entraider. Quand on est dans la rue les gens nous regardent, ça nous blesse car on nous prend pour des moins que rien."

Pour quelques nuits, exceptionnellement, Saliha a trouvé une chambre grâce au 115, mais elle redoute déjà le moment, où elle retrouvera, avec ses valises, les trottoirs froids de la capitale.

Marie Monier et Marie Régnier (avec James Abbott)