RMC

Vignobles touchés par le gel: "C'est comme si vous aviez passé un lance-flammes sur les vignes"

Des gelées ont détruit la moitié des récoltes en Indre-et-Loire (illustration).

Des gelées ont détruit la moitié des récoltes en Indre-et-Loire (illustration). - Jean-Sébastien Evrard - AFP

En Indre-et-Loire des gelées tardives ont détruit la moitié des vignes dans la nuit de mardi à mercredi. Un coup dur pour le portefeuille des vignerons.

Dans l'ouest de l'Indre-et-Loire, les températures sont tombées jusqu'à moins six degrés dans la nuit de mardi à mercredi. Les appellations de Chinon, Bourgueil et Saint-Nicolas de Bourgueil ont été les plus touchées par ces gelées tardives, la moitié des récoltes sont perdues. Philippe Boucard, possède une quarantaine d'hectares de vignes de Bourgueil, la récolte de cette année est compromises.

"Les vignes étaient magnifiques mardi soir et en une nuit les deux tiers ont brûlé sous l'effet du gel. C'est comme si vous aviez passé un lance-flamme sur la vigne, ce qui était vert hier est tout noir aujourd'hui", explique-t-il sur RMC. Un vrai "choc" pour le vigneron. "C'est comme si on m'avait cassé la figure" reconnaît l'agriculteur dont l'assurance "va couvrir la moitié des dégâts". 

Des gelées historiques

Les gelées au printemps sont habituelles, mais pour Guillaume Lapaque, directeur des associations viticoles d'Indre-et-Loire et de la Sarthe, celles de mardi sont historiques.

"Il faut remonter à 94 pour retrouver un gel d'une telle ampleur avec 50% des dégâts sur plusieurs appellations. Les gelées ça a toujours existé. Ce qui est moins normal, c'est le réchauffement climatique qui fait que les hivers sont très doux, donc les bourgeons sortent plus tôt. Les gelées tardives arrivent toujours aux mêmes périodes, donc on est plus sensibles au gel qu'on l'était autrefois", déplore-t-il. 

Malgré les conséquences sur les récoltes de cette année, le vigneron Philippe Boucard veut rassurer: "il y aura toujours du vin et du Bourgueil à boire l'année prochaine" mais la situation s'annonce difficile pour les professionnels du secteur. "La gestion des entreprises va être beaucoup plus délicate, il faut se serrer la ceinture" 

C. B avec Jamila Zeghoudi