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Nouvelle vidéo de L214: "On se permet tout, y compris tuer des vaches qui attendent des petits"

Capture d'écran de la vidéo de L214.

Capture d'écran de la vidéo de L214. - L214

L’association L214 a dévoilé jeudi matin une nouvelle vidéo. Elle est encore une fois insoutenable: on y voit des vaches qui attendent des petits être mises à mort dans un abattoir de Limoges.

Brigitte Gothière, porte-parole de L214:

"Cette nouvelle vidéo montre une fois de plus ce que vivent les animaux dans les abattoirs. On peut y constater des infractions à la réglementation qui augmentent encore la souffrance des animaux, qui est de toute façon inhérente à la mise à mort. Et puis un fait nouveau qu’on n’avait jamais documenté avant: l’abattage de ces vaches qui attendent des petits. Ils peuvent avoir quelques jours, quelques semaines, ou qui sont quasiment prêts à naître. C’est un employé de cet abattoir qui est venu vers nous pour dénoncer cet abattage.

La vidéo à voir par ici (les images peuvent choquer)

Quand il nous a contacté, on l’a incité à être extrêmement prudent, à rester dans l’anonymat. Et en fait, au fur et à mesure, il s’est dit ‘moi il faut que je témoigne’. Il n’est pas le seul dans l’abattoir à trouver cette pratique absolument ignoble. Dans les abattoirs, on oblige les personnes à faire des choses qu’elles ne considèrent pas comme normales. Il y a des pratiques – le broyage des poussins ou la mise à mort des vaches gestantes – qui sont remises en question par l’ensemble de la société. Et qui, pour autant, continuent de se faire.

"On se permet de faire sur eux des choses qu’on ne se permet pas sur nos chiens ou nos chats"

Le fait que ce soit des vaches qui portent des petits, prouve qu’il n’y a aucune limite dans ce qu’on fait subir aux animaux. C’est ce qu’on dénonce depuis la création de L214, le fait qu’on mette à mort des animaux sans nécessité, qu’on se permet de faire sur eux des choses qu’on ne se permet pas sur nos chiens ou nos chats, on jugerait ça absolument ignoble. Mais sur ces animaux, qui ressentent aussi des sensations, des émotions, qui ont le désir de vivre, on se permet tout. Y compris de tuer des vaches qui attendent des petits. 

Effectivement, les vidéos qu’on publient sont absolument insoutenables. Trop? Même si on ne veut pas regarder, on ne passe pas à côté du message. Rien que le fait de savoir que de nouvelles images très choquantes sortent des abattoirs, on sait que quand on va se retrouver devant son assiette à midi, s’il y a un morceau de viande, peut être que ça deviendra un morceau de cadavre. Qu'il y a un animal qu’on a tué et qui a souffert pour arriver jusqu’à l’assiette.

"On aimerait bien avoir des vidéos moins atroces. Mais la réalité elle est là"

Nous on aimerait bien que les gens puissent regarder les vidéos jusqu’au bout. On aimerait bien avoir des vidéos moins atroces. Mais la réalité elle est là. C’est la réalité qui est insoutenable, la vidéo c’est juste cinq minutes, un tout petit laps de temps par rapport à ce qui se passe au quotidien. C’est quand même trois millions d’animaux qui sont tués tous les jours dans les abattoirs. C’est un massacre à grande échelle.

C‘est vraiment difficile de faire prendre conscience de cette souffrance, qu’on provoque par des habitudes alimentaires qui ne sont absolument pas nécessaires. On peut s’en passer. Donc on a une responsabilité énorme, qui est à l’échelle de notre société. Ce sont aussi les politiques qui ont le pouvoir de nous engager vers une transition alimentaire. Chacun peut le faire à son niveau, mais eux peuvent faire un changement de base".

Propos recueillis par Antoine Maes