RMC

"On va droit à la mort": pourquoi ces pêcheurs sont vent debout contre le projet d'éoliennes en Normandie

Des pêcheurs manifestent ce vendredi à Cherbourg et au Havre contre un projet d'éoliennes offshore dans la Manche. Les 60 à 80 éoliennes doivent être mises en service en 2024.

C'est un lieu du patrimoine français qui pourrait bien changer de visage. Les plages du débarquement vont peut-être bientôt offrir une vue imprenable sur un champ d'éoliennes, en pleine mer. 60 à 80 éoliennes doivent être mises en service d'ici 2024, à moins de 10 kilomètres des côtes.

Un projet rejeté par une partie des habitants et par les pêcheurs de la région qui manifestent ce vendredi à Cherbourg et au Havre. 90 bateaux sont attendus dans le port du Havre, 60 dans le port de Cherbourg pour dire non à un projet éolien offshore.

Leur crainte: la destruction d'une zone de pêche. "On va droit à la mort. Si le parc se fait, c'est fini pour nous. J'ai 25 ans, je n'ai que ce métier-là, je ne lâcherai rien", explique Etienne Legaillard au micro de RMC.

Car ces éoliennes doivent être installées dans l'une de leurs zones de pêche privilégiée: "C'est une zone pleine de poissons. Pour des petits bateaux comme nous, c'est 50% de notre chiffre d'affaire. S'il y a des éoliennes et des vibrations, les poissons disparaitront".

Une dégradation du paysage selon l'association Libre Horizon

Et les pêcheurs ne sont pas les seuls à se mobiliser. Les membres de l'association Libre Horizon par exemple, comme Jean-François Collard, seront dans la rue aujourd'hui. Il ne veut pas de ces éoliennes installées à 10 kilomètres des plages:

"Ca va être visible. La région est candidate au patrimoine mondial de l'Unesco pour les plages du débarquement. Cette usine électrique pourra poser problème pour cette candidature, mais aussi pour la région et les commerçants qui bénéficient de l'apport touristique des plages du Débarquement".
De son côté, Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables défend le projet: "Les parcs éoliens sont faits de façon tout à fait exemplaire depuis le début, il y a 10 ans, avec les pêcheurs et les associations". "On ne détruit pas l'écosystème local. Les études montrent qu'il y a très peu d'impact, hormis pendant la phase de construction qui dure un an. Après les poissons reviennent", a-t-il aussi assuré ce vendredi matin à Apolline de Malherbe.

Plusieurs associations demandent un moratoire sur ce projet, pour relancer une concertation... Ne serait-ce que pour l'installer plus loin en mer, loin des yeux et loin des zones de pêche.

Martin Bourdin avec P.B.