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"Pas un jour sans menaces de mort": le président des chasseurs dénonce la violence d'une frange d'écologistes

Willy Schraen, président de la fédération des chasseurs, dénonce une nouvelle fois la "brutalité" d'une frange de militants écologistes ce mercredi sur RMC. Et assure qu'il reste malgré tout ouvert à faire "évoluer les choses avec leur temps".

Chasseurs et militants de la cause animale se disent tous deux défenseurs de l'environnement, mais ne semblent toujours pas enclins à marcher main dans la main pour ce but commun. Willy Schraen, président de la fédération des chasseurs, a une nouvelle fois dénoncé la violence de ses adversaires ce mercredi matin sur RMC.

Ce chef d’entreprise, chasseur et pécheur passionné se dit "grand défenseur de la ruralité française" et publie un livre très commenté intitulé "Un chasseur en campagne", jouant sur l'ambiguïté d'un possible lancement en politique pour défendre sa passion.

"Disons que pour l’instant on est sur la campagne des idées, on verra plus tard. Evidemment il y a une petite pointe d’humour avec ce titre. Mais (la présidentielle), jamais de la vie ! Je ne suis pas du tout préparé, et je n’ai aucune envie de le faire. Mais c’est pour aussi interpeller les politiques actuels et leur dire de faire attention. Il y a une frange qui s’appelle la ruralité, elle a ses modes de vie, ses pratiques, ses valeurs. Attention de ne pas oublier ces gens-là qui aujourd’hui subissent beaucoup de pressions et sont franchement marginalisés dans ce pays."

"On est fortement brutalisés par une frange très violente de la population"

Willy Schraen estime ainsi que la chasse a une "fonction sociale" dans cette France rurale qui voit ses services publics et commerces la fuir un peu plus chaque année. Mais diverses associations de protection animale ne voient pas ça du même oeil, et les réseaux sociaux sont le théâtre d'affrontement verbaux violents entre militants des deux côtés. A tel point que le président des chasseurs déplore de nombreuses menaces sur sa vie.

"Dans ce combat entre écologie et ruralité, je n’incarne pas toute la ruralité, par contre je la connais bien. Mais les autres n’incarnent pas non plus toute l’écologie. Ce n’est pas tout le monde, c’est une frange un peu violente, ils existent vraiment. Je suis président des chasseurs, rien qu’avec ce titre il n’y a pas un jour où je ne reçois pas de menaces de mort, ça devient quand même un peu pénible.
Après il y a des gens beaucoup plus généralistes, comme chez nous, avec ceux-là on peut parler. Mais on est fortement brutalisés par une frange très violente de la population."

"On a tous de l’empathie avec les animaux"

Willy Schraen dénonce les "terroristes de la cause animale" dans son livre, mais assure ne pas être borné face à cette colère. Il concède qu'il est ouvert à toute évolution des modes de chasse.

"La chasse évolue avec son temps, y compris (concernant) le bien-être animal, on a tous de l’empathie avec les animaux. Quand les chasseurs posent leur fusil, et qu’ils passent leur temps à s’occuper de la nature, à s’occuper des espèces, c’est chiffré par l’Etat c’est trois milliards d’euros par an. Qui peut se prévaloir de travailler pour trois milliards bénévolement pour la nature ? Personne. On n’a pas de leçon à recevoir sur le bien-être animal. On est d’accord pour améliorer les choses, il y a plein de choses à améliorer. La chasse comme le monde agricole se remet en question en permanence.", conclue-t-il.
James Abbott