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Pourquoi mouches et moules du Pérou sont en train de s'installer en Antarctique

OBJECTIF TERRE - A cause de la globalisation du tourisme, les humains apportent de nouvelles espèces en Antarctique, menaçant l'équilibre biologique du continent.

En Antarctique, on trouve des manchots, des baleines... Et depuis peu on trouve aussi, et c’est beaucoup plus étonnant, des mouches! A la base, la mouche est un animal qui hiberne, autant dire que le climat de l’Antarctique n’est pas franchement fait pour elle. Et pourtant la mouche est bien en train de s’y installer.

Elle n’est pas arrivée là en volant, ce sont les touristes et les scientifiques qui l’ont ramené sans faire exprès dans leurs valises. Au début les premières mouches n’ont pas survécu, mais avec la hausse des températures (3°C de plus depuis 1960), elles ont fini par s’y faire.

Modification dangereuse de l'éco-système

Et elles ne sont pas les seules. Des milliers de scientifiques et plus de 50.000 touristes débarquent chaque année en Antarctique, un chiffre en constante augmentation. Et avec eux débarquent des graines, des insectes, accrochés aux vêtements, aux chaussures ou simplement cachés dans les bateaux.

On peut même trouver des algues, des crabes ou encore des moules accrochées aux coques des navires. La moule du Chili est première dans la liste des espèces qui risquent de coloniser l’Antarctique dans les prochaines années.

Les moules survivent très bien dans les eaux polaires et se développent très vite. Et une fois installées, il est très difficile de les faire partir. Ca pose problème, parce que quand elles s’établissent quelque part elles peuvent dominer un écosystème en étouffant les animaux marins qui étaient là avant elle. C’est toute la biodiversité du continent qui est menacée, une biodiversité riche mais fragile.

L'Antarctique est protégé par un traité depuis 1959 qui régule les activités sur le continent. Le nombre de touristes a également été limité: pas plus de 100 passagers peuvent débarquer en même temps, au même endroit et pour seulement 1 heure. Mais c’est suffisant pour l’introduction de nouvelles espèces. Les scientifiques demandent donc maintenant la mise en place de contrôles spécifiques pour les visiteurs qui débarquent chaque année plus nombreux.

Géraldine de Mori