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Sacs plastiques interdits: sur les marchés, on n'est pas pressés de s'en débarrasser

Ils sont désormais interdits depuis ce dimanche 1er janvier, et pourtant les sacs plastiques pullulent encore sur les marchés, comme a pu s'en rendre compte RMC à Corbeil-Essonnes, en région parisienne. Les sacs plastiques sont censés être remplacés par des sacs biodégradables. Problème: ils coûtent trois fois plus cher et les commerçants ne sont pas pressés de les utiliser.

Les sacs plastiques, c'est fini ! En théorie du moins. Depuis ce dimanche 1er janvier, les commerçants sont désormais tenus d'emballer leurs produits non plus avec des sacs en plastique tout fins, mais avec des sacs plus épais, réutilisables, en maïs ou en papier. Les sacs plastique sont déjà interdits aux caisses des supermarchés depuis le mois de juillet dernier. La loi de transition énergétique prévoit que ces sacs de remplacement soient de plus en plus biodégradables, faits avec des matières végétales: 30% à partir de 2017 pour aller jusqu'à 60% en 2025. L'idée, c'est que le sac devienne compostable.

La guerre se poursuit donc contre le sac plastique qui représente 75% des déchets en mer (plus de 260 espèces marines impactées), qui met des siècles à se dégrader (entre un et quatre siècles). En France, 40 milliards de sacs sont utilisés par an au rayon fruits et légumes en France.

"Qui va payer?"

Les commerçants respectent ils la règlementation en vigueur depuis dimanche? C'est loin d'être le cas, comme a pu le constater RMC sur le marché de Corbeil-Essonnes. Pas un seul sac biodégradable sur le marché! Raison évoquée par tous les commerçants: "Il y a encore des stocks importants à écouler". Et puis, les sacs biodégradables coûtent trois fois plus cher. "C'est un gros handicap. Qui paie? Les sacs c'est nous qui allons les acheter. Alors si on augmente un peu les prix, la clientèle va partir".

"Il faut passer par la sanction, mais…"

"Quand on est face à des problèmes aussi graves que la pollution par les plastiques, il faut passer par la sanction", menace Mao Peninou, adjoint à la propreté à la mairie de Paris. "Mais on ne peut fonctionner que quand on a donné tous les moyens d'être dans la règle et dans la loi, tempère-t-il. Notre responsabilité d'élu local, c'est de permettre aux commerçants de faire cette transition pour que cela puisse se faire du mieux possible". Trois millions de sacs biodégradables ont ainsi été fournis par la mairie de Paris aux commerçants.

P. Gril avec Romain Poisot