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Une pétition contre les pesticides tueurs d'abeilles remise à Ségolène Royal: "l'alternative existe"

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Plusieurs associations ont remis jeudi à Ségolène Royal une pétition ayant réuni plus de 600.000 signatures pour l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes, nocifs pour les abeilles. Sur RMC, Denis Voisin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot s'est dit confiant sur leur interdiction et le développement d'alternatives.

Chaque année, 300.000 ruches disparaissent en moyenne à cause des pesticides néonicotinoïdes selon la Fondation pour l'environnement. Ces pesticides qui représentent 40% du marché mondial des pesticides agricoles sont utilisés sur les cultures de blé, d'orge ou encore sur la vigne et les pommiers et menacent selon les association l'avenir des insectes pollinisateurs, nécessaires au maintien de la biodiversité.

L'interdiction de ces substances avait été votée en première lecture du projet de loi biodiversité à l'Assemblée nationale, mais le Sénat a décidé de la supprimer. Alors que le texte revient en deuxième lecture devant les députés, plusieurs associations dont la fondation Nicolas Hulot ont remis jeudi une pétition de plus de 600.000 signatures à la ministre de l'Environnement pour lui demander d'appuyer cette interdiction.

"Elle était très à l'écoute en répondant positivement à nos demandes. Nous avons pris le relai d'une situation qui est très grave. 300.000 colonies d'abeilles disparaissent chaque année, il y a des effets aussi sur la santé des êtres humains. La ministre a confirmé qu'elle le ferait et qu'elle appuierait cette interdiction à l'Assemblée nationale", explique sur RMC Denis Voisin, porte-parole de la fondation Nicolas Hulot. 

Depuis 2013, un moratoire sur certaines de ces molécules était mis en oeuvre en France mais qui n'a pas eu l'effet escompté. Il concernait "seulement quelques unes des substances néonicotinoïdes mais pas l'ensemble. Ca s'est traduit finalement par un report vers d'autres molécules du même type et une augmentation de leur usage. L'usage a augmenté de 30% en un an en France", déplore Denis Voisin. 

"En deux ans, un agriculteur peut passer au bio"

Si l'effet néfaste de ces pesticides est pointé dans deux nombreuses études, les agriculteurs qui les utilisent ne voient pas forcément d'un bon oeil leur interdiction. Ils servent aussi à lutter contre les mauvaises herbes, les champignons, les moisissures et les insectes nuisibles. Mais pour Denis Voisin, changer d'agriculture est possible.

"Aujourd'hui l'alternative existe. Il s'agit d'interdire, de donner un cap pour 2018 et en même temps d'encourager financièrement les alternatives, on sait que c'est possible. En deux ans, un agriculteur peut passer au bio et en deux ans il peut retirer l'usage des pesticides néonicotinoïdes", plaide-t-il. 

Mais si les associations ont reçu le soutien de Ségolène Royal, Stéphane Le Foll avait demandé aux députés en première lecture de se prononcer contre une interdiction totale. Des méthodes qui avaient d'ailleurs "surpris" Ségolène Royal rappelant les "impacts nocifs sur la santé" de ces pesticides en particulier chez les agriculteurs. Denis Voisin en appelle désormais aux députés: "nous leur demandons de faire preuve de raison et d'agir aujourd'hui". 

Carole Blanchard