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Camp humanitaire à Paris: "Enfin on a l'impression que les pouvoirs publics vont faire quelque chose"

Le camp humanitaire qui sera construit à Paris pourrait l'être sur le modèle de celui de Grande-Synthe dans le Nord

Le camp humanitaire qui sera construit à Paris pourrait l'être sur le modèle de celui de Grande-Synthe dans le Nord - AFP

REPORTAGE - Anne Hidalgo la maire de Paris a annoncé mardi la création d'un camp humanitaire destiné à accueillir les migrants. Dans le campement de fortune du jardin d'Eole à Paris, régulièrement démantelé par les forces de l'ordre, l'annonce est vue comme une bonne nouvelle.

Hassa est arrivé à Paris il y a un an. Actuellement, ce Somalien vit sous une tente, dans la boue et les détritus dans le campement du jardin d'Eole, situé dans les 18e et 19e arrondissements de Paris. Ce migrants se réjouit de la construction d'un futur camp humanitaire annoncé mardi par Anne Hidalgo. "C'est bien, nous avons besoin de ce camp. Je vis dans la rue, je n'ai pas de douche, ni de maison, je n'ai rien. Bien sûr que j'irai". 

Le camp de fortune du jardin d'Eole accueille aujourd'hui entre 500 et 800 migrants selon les associations humanitaires, 300 selon la préfecture de police. Les riverains sont également soulagés, comme Henriette, qui n'y croyait plus.

"C'est une très bonne nouvelle parce qu'enfin on a l'impression que les pouvoirs publics vont faire quelque chose. En tout cas cette mesure faudrait que ça vienne très très vite, parce que là, c'est vraiment insupportable", espère cette riveraine. 

Permettre "une mise à l'abri digne"

L'ouverture du camp ne se fera pas avant un mois à un mois et demi mais disposera d'installations aux normes internationales avec notamment des sanitaires. Il pourrait être construit sur le modèle du camp de réfugiés de Grande-Synthe dans le Nord, avec des hébergements en dur. L'idée est que "nous ne voyions plus ces campements indiques" et que "les personnes qui arrivent démunies ne soient pas contraintes d'aller sous des métros", a expliqué Anne Hidalgo mardi. Mais pour Bruno Morel, directeur général d'Emmaüs Solidarité, ce nouveau camp ne doit être qu'une solution d'accueil à court terme.

"Ce genre de structure va permettre une mise à l'abri digne, mais en même temps un examen des situations des personnes. Par exemple pour des personnes qui souhaiteraient avoir un statut de réfugié, de pouvoir examiner leur situation administrative et les orienter après vers des structures dédiées"

La mairie de Paris a indiqué avoir "identifié plusieurs sites" au nord de Paris sur lesquels le camp humanitaire pourrait être construit. Les travaux devraient débuter rapidement.

C. B avec Léa Zacharie