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Des "copains vigilants" pour lutter contre le harcèlement scolaire: "Aller parler à ceux qui ont des problèmes"

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REPORTAGE - Selon la ministre de l'Education nationale, un élève sur 10 serait victime de harcèlement à l'école, soit 700 000 élèves. Pour inciter les élèves à rompre le silence, le collège Yves Klein dans les Alpes-Maritimes expérimente un nouveau dispositif et met en place des "Copains vigilants", un peu sur le modèle des voisins vigilants, un réseau de voisins qui prévient la police en cas de problème.

Comment lutter contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire? Pour inciter les élèves à rompre le silence, le collège Yves Klein dans les Alpes-Maritimes expérimente un nouveau dispositif et met en place des "Copains vigilants", un peu sur le modèle des voisins vigilants, un réseau de voisins qui prévient la police en cas de problème. Au total, 70 élèves de l'établissement seront chargés de recueillir les confidences d'un camarade en difficulté, et d'en référer à un adulte. Objectif mieux repérer les signes de harcèlement et de violence mais aussi permettre aux élèves d'agir et de s'entraider.

"Tais-toi l'anorexique"

Ainsi, Gina, 13 ans, a déjà subi les moqueries d'un élève de sa classe. C'est ce qui l'a poussée à s'engager en tant que "copain vigilant". "Il m'a regardée et a dit: 'Oh, toi t'es anorexique', 'Tais-toi l'anorexique'. Ce n'est qu'une petite phrase mais ça reste, confie-t-elle à RMC. C'est cette histoire qui m'a motivée pour faire 'copine vigilante', pour les aider à surmonter ce que les gens peuvent leur dire". Ilona, 12 ans, élève de 5eme dans ce collège est, elle aussi, membre de ce dispositif. Une mission qu'elle prend très au sérieux.

"Je serai désormais plus attentive à ce qui se passe dans le collège. Je vais aller parler à ceux qui ont des problèmes, assure-t-elle. Je vais leur donner des conseils, leur dire de m'en parler un petit peu. J'irai voir des adultes et leur dire". "Quand les gens se font insulter, c'est très important qu'ils en parlent à quelqu'un parce que sinon ils vont se refermer, être triste. Moi, je veux défendre les autres et j'ai envie que tout le monde soit heureux", ajoute-t-elle.

"C'est une bonne idée"

Cette initiative est aussi très bien perçue par Luca, qui vient d'entrer en 6ème: "Au collège, il y a des plus grands qui peuvent faire du mal aux plus petits. C'est pour ça que je pense que 'Copains vigilants' c'est super bien. Ce sont des élèves comme moi, ils peuvent plus me comprendre. C'est une bonne idée".

Pour Florence Gauthier, la principale du collège Yves Klein, le but de ce dispositif est de favoriser le vivre-ensemble. "Ce qui crée beaucoup de douleur chez la victime, c'est le sentiment d'isolement, souligne-t-elle. Et il me semble que c'est quand même une action où la fraternité peut être mise en œuvre. Ce sont les enfants qui vont réfléchir aux conséquences des actes des uns et des autres. Et en fonction de la gravité de ce qui nous sera raconté, il faudra peut-être, à un certain moment, sanctionner". Un premier bilan de cette initiative sera dressé le 6 décembre.

Maxime Ricard avec Elodie Messager