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Mon fils ne sait pas lire et pourtant il n'a pas pu redoubler

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TEMOIGNAGE - Il y a un an sur RMC, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, déclarait "considérer le redoublement comme inefficace". Depuis le redoublement est effectivement devenu une mesure très rare, une décision exceptionnelle, notamment en primaire. Pourtant, certains parents estiment que cela aurait pu être important pour leur enfant.

Jules a six ans. A première vue, cet enfant va très bien. Sauf qu'à l'école ce n'est pas vraiment ça. "On attaque le CE1. On reprend la lecture mais c'est toujours pareil: il ne sait toujours pas lire, témoigne Jennifer, sa mère. Il n'arrive pas à faire d'associations de sons, de mots." Dès lors, face aux difficultés rencontrées par son fils, elle assure "avoir évoqué à plusieurs reprises la question d'un redoublement. C'était un non catégorique de la part de la maîtresse. Elle m'a expliquée que le redoublement ne se faisait plus pour ces raisons-là".

En effet, depuis la rentrée 2015, le redoublement est devenu une mesure très rare, une décision exceptionnelle, notamment en primaire: "A titre exceptionnel, le redoublement peut être décidé pour pallier une période importante de rupture des apprentissages scolaires". Concrètement, un élève peut redoubler par exemple en cas d'absence pour maladie ou pour des raisons familiales, à condition d'avoir l'accord écrit des parents.

"Je suis obligée de jouer la maîtresse"

Faute de redoublement, Jennifer a été mise à contribution par la maîtresse. "Elle m'a expliquée qu'il fallait qu'on s'associe toutes les deux, que l'on passe un pacte elle, moi et Jules". Maîtresse bis et maman donc. Chaque jour, Jennifer fait faire 15 minutes d'exercices à Jules. "Elle lui a fourni une feuille avec tous les sons qui puissent exister. Par exemple, celui de cette semaine, c'est le son 'oi' ( se prononce [wa], ndlr)".

"Une fois que l'on a bien acquis les syllabes, on fait les mots", poursuit-elle. Malgré tous les efforts de sa mère, Jules rencontre encore beaucoup de difficultés. "C'est pour le bien de mon fils donc ça ne me dérange pas, assure-t-elle. Mais ce n'est pas mon boulot de lui apprendre à lire. Cela aurait déjà dû être fait à l'école l'année dernière. Mais je suis bien obligée de jouer la maîtresse étant donné qu'il ne sait pas lire..."

M.R avec Thomas Chupin