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Retour des classes bilangues: "on dit une chose un jour et son contraire le lendemain"

En déplacement à Berlin ce lundi, Emmanuel Macron a fait part de sa volonté de remettre à l'ordre du jour les classes bilangues. Une mesure qui n'est pas du goût de tout le monde.

Comme il l'a annoncé ce lundi lors de son déplacement en Allemagne, Emmanuel Macron veut restaurer les classes bilangues dès septembre prochain... Ces classes permettent aux élèves de collège d’apprendre deux langues vivantes dès la 6ème, en particulier l’anglais et l’allemand. Mais, en réalité, les deux-tiers d'entre elles sont encore présentes sur le territoire, notamment à Paris et en Alsace-Moselle. En effet, si la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem avait voulu les supprimer, elle avait dû reculer devant la fronde des professeurs d'allemand.

Des changements d'avis à répétition qui agacent Valérie Marty, présidente de la PEEP, la fédération de parents d’élèves de l'enseignement public. "Avant de modifier, supprimer, restaurer ce qui a été fait par le ministre précédent, je pense qu'il faut quand même se poser un peu et arrêter de faire sans cesse des va-et-vient. Car c'est déroutant pour les parents, déplore-t-elle. C'est aussi difficile pour les élèves parce que certains auront fait seulement une année de langue vivante sur les deux."

"Il faudrait surtout que l'Etat se mêle de ce qu'il sait faire"

Des classes bilangues critiquées pour leur supposé élitisme, selon les mots de Najat Vallaud-Belkacem. Un faux débat pour Philippe Tournier, président du SNPDEN, le syndicat des directeurs de l'éducation nationale: "On dit une chose un jour et son contraire le lendemain. Je pense qu'il faudrait surtout que l'Etat se mêle de ce qu'il sait faire et de ce qui le regarde et qu'il laisse les acteurs de l'Education prendre des décisions".

"En revanche, l'Etat devrait jouer son rôle et contrôler ce que les établissements font de ces opportunités, poursuit-il. Si un établissement se sert de ces classes bilangues pour faire tout à fait autre chose que de promouvoir les langues et faire des processus discriminatoires en son sein, là, l'Etat devrait intervenir. Ce qu'il ne fait pas aujourd'hui".

M.R avec Jean-Baptiste Grazziani