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Scolarisation d'un enfant de réfugiés: "Le plus important pour Fadhi est de commencer à parler le français"

La scolarisation de leurs enfants est une priorité pour les réfugiés (illustration)

La scolarisation de leurs enfants est une priorité pour les réfugiés (illustration) - PASCAL PAVANI / AFP

RMC a rencontré ce vendredi une famille, arrivée de Syrie début août et qui a perdu une fille lors d’un bombardement. Elle fonde désormais tous ses espoirs sur le fils de 14 ans, Fahdi, qui vient d’entrer au collège dans le quartier de la Joliette à Marseille.

"La professeure Grandmaison est très, très gentille". Madame Grandmaison, c’est la prof de français de Fadhi, 14 ans, jeune Syrien arrivé en France début août et qui apprend notre langue à raison de 8 heures d’apprentissage par semaine. Pour les maths, le sport et les arts plastiques, l'adolescent fait classe commune avec les autres élèves dans un collège du quartier de la Joliette à Marseille. Mais pour le reste, il faut rapidement apprendre la langue de Molière.

Il s'agit en effet d'une priorité pour son père Ammar, qui a perdu une fille lors d'un bombardement: "Le plus important pour Fadhi est de commencer à parler le français très vite car apprendre la langue est très important pour ensuite étudier les autres matières comme l'histoire, la géographie ou les sciences". "Le futur de Fadhi est le plus important pour nous", précise-t-il avant d'ajouter: "J'aimerais qu'il soit ingénieur, comme moi".

La scolarisation, une priorité

Si Ammar parle assez bien le français, ce n’est pas le cas de sa femme Lama comme de la plupart des réfugiés. Et la scolarisation de leur enfant, c’est un aussi un bon moyen pour y arriver comme l‘explique Nawel, éducatrice au Centre d’accueil Jeanne Panier à Marseille: "Comme leurs enfants sont scolarisés, cela leur permet de se dégager du temps et ainsi eux-mêmes aller à l'école et apprendre le français ce qui est très compliqué quand on a des enfants à la maison".

Margot Bonis, responsable de la "Plateforme asile de Marseille", confirme que la scolarisation des enfants est la priorité des réfugiés, une fois qu’ils ont pu trouver un toit. "Les familles qui arrivent demandent tout de suite à ce que leurs enfants soient scolarisés, cela fait partie des premières demandes. C'est très important pour eux." Et de préciser: "Si les enfants ont été scolarisés dans leur pays, c'est une habitude. Mais si ce n'est pas le cas, pour différentes raisons, c'est souvent un rêve pour les enfants de pouvoir accéder à cette scolarisation".

Des unités pédagogiques spécialisées

La France a accueilli près de 24.000 réfugiés en deux ans et parmi eux entre 4.000 et 5.000 élèves à intégrer par an, selon un récent communiqué du ministère de l'Education nationale. Et selon Najat Vallaud-Belkacem la France est prête à faire face grâce aux "Centres académiques pour la scolarisation des élèves nouvellement arrivés et des enfants du voyage" (Casnav), répartis dans des classes spécialisées, selon leur niveau de français.

Lionel Dian avec Maxime Ricard