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Séparatisme: les annonces de Macron passent mal chez les familles qui ont choisi l'éducation à domicile

Le président de la République a annoncé vendredi que les enfants de plus de trois ans devront obligatoirement être scolarisés à l'école pour lutter contre les écoles clandestines à caractère religieux.

Emmanuel Macron s'est clairement exprimé sur les questions de radicalisation et des séparatismes ce vendredi aux Mureaux dans les Yvelines. Parmi les annonces du chef de l'Etat vendredi, la scolarisation à l'école sera obligatoire pour tous les enfants dès l'âge de 3 ans dès la rentrée prochaine, sauf en cas de problème de santé.

L'objectif pour le président et l'exécutif est de faire revenir 20.000 enfants dans le giron scolaire, sur les 50.000 qui sont aujourd'hui en dehors de tout cadre. Et ainsi éviter la création d'écoles clandestines à caractère religieux.

Une annonce qui passe très mal auprès des parents qui ont choisi d'instruire eux-mêmes leurs enfants, sans raison ou appartenance à une religion. Des parents qui dénoncent une mesure trop politique et qui craignent les conséquences pour leurs enfants.

"Le plus difficile ce sera pour ceux qui ont été déscolarisés car ils y étaient en souffrance et qui vont devoir y retourner"

Elle a d'abord cru à une mauvaise surprise. Pour Amandine, qui assure l'éducation de ses 4 enfants à la maison, l'annonce du président de la République a été un choc.

"Ca va à l'encontre de nos choix, s'il veut toucher à notre liberté, forcément ça emmène beaucoup de colère."

Céline aussi assure à la maison l'instruction de ses enfants, âgés de 9, 7 et 4 ans. Et tout le monde y trouve son compte.

"On travaille tous les jours en fonction de ce que eux sont capables de faire. Il y a des jours où on arrive à travailler trois heures, quatre heures. Et d'autres où on ne va travailler qu'une demi-heure, et ce n'est pas grave. On se rend compte que les enfants sont pleins de potentiel et qu'ils ont soif d'apprendre mais qu'il faut aussi qu'on puisse les écouter."

Alix Foureste est la vice-présidente d'une association d'instruction en famille. Elle s'inquiète déjà du retour à l'école des enfants aujourd'hui scolarisés à la maison.

"Le plus difficile ce sera pour ceux qui ont été déscolarisés car ils y étaient en souffrance et qui vont devoir y retourner alors qu'il n'y aura pas plus de réponses apportées à leur souffrance."

Des familles qui comptent manifester dans les prochaines semaines, si Emmanuel Macron ne revient pas sur sa décision pour leurs enfants.

Gwenaël Windrestin (avec J.A.)