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Tenues religieuses à l’école: "Les rectorats ne savent pas quoi faire, l’Etat n’a pas anticipé"

Le ministère de l'Education nationale veut une plus grande fermeté contre les tenues religieuses à l'école après avoir constaté une recrudescence des cas et des appels à enfreindre la loi de 2004.

L’Éducation nationale lance un appel aux recteurs d’Académie. Le ministère souhaite une plus grande fermeté face à la recrudescence des tenues religieuses à l’école. Deux notes des services de l’Etat ont été rédigées alertant à propos d’appels à enfreindre les règles de la laïcité à l’école.

Une première note des renseignements territoriaux datant du 27 août alerte ainsi sur les appels via les réseaux sociaux à porter certains vêtements religieux révèle BFMTV. Une seconde note, datant du 16 septembre, révèle que les signalements pour atteintes à la laïcité ont évolué, notamment face au port d’ abayas et qamis, ces longues robes traditionnelles pour femmes et pour hommes, et dont les familles des élèves écartent "toute dimension religieuse".

Des tenues qui se sont multipliées pendant le ramadan comme l’assurait l’Académie de Paris, et qui entrent en infraction au regard de la loi de 2004 sur les signes et les tenues religieuses dans l’enceinte scolaire.

Un argument pour le retour de l'uniforme?

"C'est inquiétant pour ce que sont et signifient la laïcité et le respect des codes républicains en France", assure Pierre Rondeau. "Pourquoi alors ne pas revenir à un espèce d'uniforme ou d'une tenue standard pour garder un peu de liberté?", s'interroge donc l'économiste.

"Les rectorats ne savent pas quoi faire, demandent au ministère ce qu'il faut faire. Et ce qui est grave de la part du ministère et de Pap Ndiaye le ministre de l'Education, c'est de ne pas avoir pris la hauteur du problème et anticipé les réponses à apporter".

Selon le service central du renseignement territorial qui s'occupe de relever les atteintes à la laïcité, 144 incidents ont été recensés pour l'année scolaire 2021-2022. Parmi eux, des cas des ports du voile ou de tenues à consonances islamiques, mais aussi des refus d'aller à la piscine. Le rapport pointe également l'influence des réseaux sociaux et de certaines "séries Netflix".

G.D.