RMC

"Gilets jaunes": "Il y aura peut-être plus de blessés de part et d’autre parce qu’on va aller au contact", prévient un CRS

RMC
Le Premier ministre, Edouard Philippe, a fait des annonces lundi après les violences lors de l'acte 18 du mouvement des "gilets jaunes". De nouvelles consignes ont notamment été données aux forces de l'ordre avec une stratégie de dispersion.

L’exécutif avait reconnu des dysfonctionnements, après la manifestation de samedi dernier qui a donné lieu à des scènes de violence en plein centre de Paris, et une tête est tombée. C’est celle du préfet de police de Paris, Michel Delpuech qui sera remplacé dès mercredi par David Lallemenet, actuel préfet de Nouvelle-Aquitaine. 

Selon le Premier ministre, Edouard Philippe, la démission ou le renvoi du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner n’a pas été envisagée. 

Le chef du gouvernement a également annoncé un certain nombre de mesures pour les prochaines manifestations. Le gouvernement se laisse la possibilité d’interdire les rassemblements dans certains quartiers. Une interdiction qui devrait avoir lieu dès la semaine prochaine avec notamment les Champs-Elysées, où aucune manifestation ne sera possible, a assuré le président de la République, lui-même. 

Parmi les autres mesures détaillées par Edouard Philippe, une augmentation de l’amende pour participation à une manifestation interdite qui passe de 38 à 135 euros. Il souhaite également que la justice soit saisie pour les personnes qui encouragent les manifestations violentes. 

Ordre de dispersion immédiate

Enfin, les forces de l’ordre, qui ont semblé débordées lors de l’acte 18, disposeront de nouveaux outils, et notamment de drones. Surtout, elles auront pour consigne de disperser immédiatement les manifestants en cas de débordement. 

Des dispersions immédiates qui impliquent plus de contact. Une part de risque qu’il faudra assumer prévient Johan Cavallero, délégué national CRS du syndicat Alliance.

"Plus de contact ça veut dire plus de violences, parce qu’il va falloir interpeller et les gens ne vont pas se laisser faire. Donc les collègues useront de la force nécessaire et voilà. Mais ensuite, il faudra accepter des images où il y aura des charges de CRS pour interpeller les auteurs de troubles. Il y aura peut-être plus de blessés de part et d’autre parce qu’on va aller au contact et les gens ne vont pas se laisser interpeller", explique-t-il.

Une réponse ferme du gouvernement que le Premier ministre dit pleinement assumer. 

Jean-Baptiste Bourgeon avec Guillaume Descours