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"Gilets jaunes": pillages, émeutes et violences à La Réunion

Une trentaine de barrages ont été recensés sur l'ensemble de l'île et les scènes de violence se multiplient.

"Je vois de la fumée dans le centre-ville de Saint-Denis, probablement des magasins qui ont été pillés": interrogé sur RMC, Philippe de Chazournes, médecin généraliste sur l'île de la Réunion, confie n'avoir jamais vu de telles violences.

Un couvre-feu partiel a été instauré dans la moitié des communes de La Réunion où les écoles sont restées fermées mardi à la suite d'une nouvelle nuit de violences en marge du mouvement des "gilets jaunes".

"C'est une mesure forte, inédite, elle me paraît adaptée à la situation, à cette menace que nous devons combattre", a annoncé le préfet de La Réunion, Amaury de Saint Quentin, à la presse après avoir décrété une interdiction de circuler dans douze communes de l'île entre 21h et 6h. Cette mesure, qui concerne notamment le chef-lieu Saint-Denis, entre en vigueur mardi soir et sera en place au moins jusqu'à vendredi.

"Ca fait 30 ans que je suis sur cette île et c'est la première fois que l'on voit des émeutes un peu partout, dans les grandes villes, les petites villes et même les villages. Il y a beaucoup de rassemblements et ce qui est inquiétant, c'est qu'il y a des jeunes de plus en plus jeunes. Des magasins ont été pillés hier et avant-hier soir: c'est inhabituel d'autant qu'on a le sentiment que rien ne sera fait pour arrêter cela" a expliqué Philippe de Chazournes.

Mardi à midi, il y avait toujours 35 barrages dressés sur les routes réunionnaises pour protester notamment contre la hausse des prix des carburants et la baisse du pouvoir d'achat. L'île a connu une nouvelle nuit de violences avec notamment des affrontements entre groupes de jeunes et les forces de l'ordre. Des voitures ont été brûlées, des commerces ont été vandalisés et incendiés, alors qu'un hypermarché à Saint-Denis a été pillé. 

Plusieurs caillassages et des actes de racket ont également été perpétrés sur des automobilistes roulant de nuit. Selon la préfecture, il y a eu une dizaine d'interpellations et cinq policiers ont été blessés. 

Le préfet a annoncé la tenue de discussions mardi après-midi avec des membres de collectifs et des gilets jaunes qui seront reçus en préfecture à Saint-Denis.

Victor Joanin et X.A