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Le casse-tête des HLM à Saint-Maur-des-Fossés: "On entasse les gens et on les laisse mûrir à l'intérieur"

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Photo d'illustration - AFP

La nouvelle loi égalité et citoyenneté est actuellement débattue à l'Assemblée Nationale. Et parmi les dispositions de ce texte, sur le volet logement, l'article 20 crée un devoir de solidarité pour l'accueil, dans le parc social, des familles les plus modestes. Un article critiqué par un certain nombre de maires, dont celui de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).

L'Assemblée nationale examine cette semaine la nouvelle loi égalité et citoyenneté. Les premiers amendements ont été adoptés ce lundi soir et parmi les dispositions qui vont être étudiées cette semaine, un point fait débat chez les maires. Le texte institue en effet un quota, hors quartiers prioritaires de la ville (QPV), de 25 % de logements sociaux à réserver aux familles aux revenus les plus faibles. En clair, les communes ne pourront pas concentrer leurs logements sociaux dans les quartiers les plus difficiles.

"On a de la place"

A Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), commune de 75.000 habitants, environ 3.000 personnes sont en demande d'une HLM car la ville possède environ 7% de logements sociaux actuellement (un chiffre qui n'a augmenté que de 1% en quinze ans). La ville est donc souvent épinglée par la loi SRU (solidarité et renouvellement urbains) car elle manque de logements sociaux. Autre problème constaté dans cette commune, un quart de ces logements sociaux se trouvent dans le quartier des Rives de la Marne, selon l'opposition socialiste.

"On est la treizième ville de France pour l'impôt sur la fortune, rappelle Elisabeth Bouffard Savary, élue de l'opposition. Et le quartier des Rives représente 25% des logements sociaux alors même que ce quartier ne représente que 1,2% du territoire saint-maurien. Il aurait donc fallu construire des petits immeubles et mieux les répartir sur l'ensemble de l'espace saint-maurien. On a de la place puisque le logement privé se développe".

"A Saint-Maur, c'est compliqué"

"On entasse les gens ensemble et on les laisse mûrir à l'intérieur, déplore Pascal, qui vit depuis 15 ans dans le quartier des Rives. Il faut désenclaver en intégrant des familles dans la population d'une commune. Or à Saint-Maur-des-Fossés, c'est compliqué. Les gens préfèrent payer un impôt pour ne pas avoir de logements sociaux plutôt qu'ils ne soient créés."

Pour rattraper son retard, la ville devrait bâtir plus de 1.500 logements sociaux d'ici 2017, soit le nombre de logements sociaux construits depuis quinze ans. Un chiffre impossible à atteindre selon le maire Les Républicains, Sylvain Berrios, qui estime que cette loi ne fonctionnera pas. Et de prévenir: si l'Etat l'oblige à construire des logements sociaux, il renoncera au contrat de mixité sociale mis en place dans sa ville.

M.R avec Anaïs Bouitcha