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Les agressions sexistes bientôt verbalisées? "C'est une voie vers le changement"

La nouvelle secrétaire d'Etat chargée de l'égalité hommes-femmes, Marlène Schiappa souhaite que les policiers puissent immédiatement verbaliser les auteurs d'agressions sexistes.

Verbaliser les agressions sexistes au même titre que les excès de vitesse. C'est ce que propose la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa.

Elle voudrait que la police de proximité soit en capacité de verbaliser immédiatement les auteurs d'agressions ou de remarques sexistes, au même titre qu'un délit routier, et de leur faire payer une amende.

Une bonne chose selon Julie, 21 ans, qui a souvent été victime d'insultes sexistes dans la rue. "J'ai déjà entendu 'grosse p*', 'chienne'. Je suis là tranquillement en train de marcher dans ma tenue normale et on me traite comme ça alors que je n'ai rien demandé. Ce n'est pas normal, on ne mérite pas ça".

Alors si les auteurs de ces insultes pouvaient, demain, être immédiatement verbalisés dans la rue, Julie serait satisfaite: "Il faut le faire parce que c'est comme ça que ça va changer. C'est une voie vers le changement".

"Les policiers ne peuvent pas être derrière chaque personne"

Ceux qui seraient chargés de faire appliquer cette mesure sont en revanche beaucoup plus sceptiques. Stanislas Gaudon, secrétaire général adjoint du syndicat de police Alliance, estime qu'il sera compliqué de prendre les agresseurs sur le fait: "Les policiers ne peuvent pas être derrière chaque personne sur la voie publique, dans les transports en commun, il y a très peu de probabilité que le policier de terrain constate ces injures à caractère sexiste, donc tout ça nous apparaît nettement compliqué".

De leur côté les associations féministes estiment que la priorité doit surtout être mise sur les campagnes de sensibilisation, et sur l'éducation.

Aujourd'hui, une femme qui s'estime victime d'une insulte ou d'une agression à caractère sexiste peut porter plainte au commissariat, mais sans témoin, la plainte est souvent classée sans suite.

P.B. avec Charlotte Peyronnet