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Meurtre de Federico Martin Aramburu: le profil ultraviolent de Loïk Le Priol

Loik Le Priol et Romain Bouvier ont été interpellé mercredi, l'un en Hongrie et l'autre à Sablé-sur-Sarthe, quatre jours après le meurtre de l'ancien rugbyman Federico Martin Aramburu à Paris. Ils étaient déjà bien connus des services de police pour des faits de violences.

Les deux hommes suspectés dans la mort samedi à Paris de l’ex-rugbyman argentin, Federico Martin Aramburu, ont été arrêtés. L’un dans la Sarthe, l’autre en Hongrie. Le premier s’appelle Loïk Le Priol, 27 ans, ancien militaire, membre du mouvement d'ultradroite le GUD. Il est suspecté d’avoir tiré, samedi dernier, vers 6h du matin boulevard Saint-Germain à Paris, sur l’ancien joueur de rugby qui est décédé sur place.

Ancien commando de marine, il a été arrêté en Hongrie à 300 km de Budapest, sur la route 573 qui relie la Hongrie à Oujhorod en Ukraine. Très précisément au poste-frontière de Zahony. Aux policiers hongrois, il a fait valoir son passé militaire et expliqué qu’il se rendait en Ukraine pour combattre.

Le second s’appelle Romain Bouvier. Il a 31 ans, lui aussi membre actif de l'ultradroite et lui aussi suspecté d’avoir tiré sur l'ex-rugbyman. Il a été interpellé mercredi à Sablé-sur-Sarthe par la BRI de Nantes.

Les deux hommes avaient déjà eu des problèmes avec la justice et avaient même un sacré pedigree. Loïk Le Priol a été condamné à l'âge de 19 ans pour violences, puis à quatre mois de prison avec sursis à 23 ans pour des violences volontaires en réunion et conduite en état d'ivresse. Et avec Romain Bouvier, ils devaient comparaîtres le 1er juin devant un tribunal pour "violences aggravées" contre un membre du GUD. En octobre 2015, Le Priol et quatre autres "Gudards" avaient tabassé et humilié un ancien dirigeant du syndicat, le forçant à se déshabiller sous les coups. Une véritable expédition punitive, un lynchage même, filmé et en partie diffusé par Mediapart.

Radié de l'armée

Ceux qui connaissent Le Priol le décrivent carrément comme incontrôlable, radical, ultraviolent. Au point que certains se demandent comment un tel profil a pu intégrer l’armée. Formé à l'Ecole des mousses de la Marine nationale à Brest, Loïk Le Priol avait été affecté au commando marine de Montfort avec lequel il a participé à plusieurs opérations au Mali et à Djibouti entre 2013 et 2015. Rapatrié en France en juillet 2015 pour cause de stress post-traumatique, il avait été radié de l'armée en raison de son comportement violent.

Depuis, il s’était lancé dans le prêt-à-porter. Mais pas n’importe lequel. En 2016, il avait lancé une ligne de vêtements prisée à l’ultradroite, "Babtou Solide - certifié". En verlan, “toubab”, le nom donné aux Blancs en Afrique. Des militants identitaires avaient posé avec ces T-shirts sur les réseaux sociaux. Notamment Julien Rochedy, l’ancien président du Front national de la jeunesse. Sur son profil Facebook, on le voit aussi aux côtés de Jean-Romée Charbonneau, candidat du Rassemblement national à Niort lors des municipales de 2020. Certains le croyaient assagi et rentré dans le rang. Visiblement, ils avaient tout faux.

Laurent Neumann