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Prêtre catholique issu d'une famille musulmane: "Ils sont fiers que leur fils soit devenu chrétien"

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A 41 ans, le père Paul-Elie a été ordonné prêtre ce dimanche dans le Var. Celui qui se prénommait autrefois Ali vient d’une famille musulmane de Kabylie. Menacé par les islamistes, il a dû quitter l’Algérie en 2006, où il s’est converti en secret au catholicisme.

Le père Paul-Elie, 41 ans, a été ordonné dimanche près de Toulon, dans le Var. Des dizaines de fidèles ont fait la queue pour recevoir sa bénédiction. Certains ont même fait le déplacement depuis sa Kabylie natale. Avant qu’on l’appelle "mon père", il a très longtemps été Ali, élevé dans une famille musulmane. Il s’est converti à la religion catholique dans l'Algérie des années 90, alors en proie à un conflit civil entre l'armée et les islamistes.

Catholicisme clandestin

"C’est un cheminement, c’est le fruit d’une recherche, raconte le père Paul-Elie. J’ai quitté l’islam en 1995, je me suis dit ‘je ne veux plus de ce Dieu qui a permis cela’, j’ai quitté l’islam pour ça", raconte-t-il, évoquant la guerre civile.

Athée quatre année durant, il a découvert le christianisme en se cachant. "J’ai été invité dans une église clandestine, on était obligés de vivre clandestinement, on était menacés, on se rencontrait et on s’est convertis clandestinement. J’ai dû quitter l’Algérie en 2006 après des menaces", explique-t-il.

Réfugié dans un séminaire du Var

Direction donc la Belgique, où il obtiendra asile, puis la France. Après avoir été persécuté par les islamistes en raison de son statut d’apostat, le croyant se réfugie dans un séminaire du Var, où il démarre sa formation de prêtre en 2010. Durant toutes ces années, le père Paul-Elie a pu bénéficier du soutien sans faille de sa famille et notamment de son père, professeur de français à la retraite.

"Pour moi ça s’est plutôt bien passé parce que mon père nous a élevés dans le libre-arbitre, se souvient-il. Quand on était petits, il ne voulait pas qu’on fasse la prière, il nous a dit ‘il faut que ce soit votre foi, pas une foi imposée’. C’est grâce au fait que mon père m’a poussé dans cette voie que j’ai cherché par moi-même. Ils sont fiers de moi, même s’ils sont tous restés musulmans, ils sont fiers que leur fils soit devenu chrétien et prêtre, conclut-il, reconnaissant.
C.V. avec Stéphane Burgatt