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Quand La Poste expérimente la livraison de colis par drone

REPORTAGE - La Poste travaille depuis plus d'un un an sur la conception de "drones-facteurs". Elle vient même de créer une piste de décollage et d'atterrissage dédiée à ses appareils. La technologie est innovante et les premiers vols prometteurs. Décollage immédiat à Pourrières dans le Var.

Avec ses six hélices et ses pinces mécaniques, le drone de GeoPost (filiale de La Poste) a été spécialement conçu pour transporter des colis d'un terminal de livraison à un autre en complète autonomie, assure Mustapha Kasbari, président de la société Atechsys, la start-up varoise qui développe ce drone de livraison. "L'opérateur dépose son colis. Celui-ci est ensuite acheminé le long d'une rampe jusqu'au drone. Dès qu'il a agrippé le colis, l'engin décolle", explique-t-il.

Et d'ajouter: "On a six bras et un châssis qui évitent au colis de se déplacer durant le vol et permettre la livraison. Tout se passe dans la petite tête du drone. Il est complètement autonome". Les concepteurs ont donc imaginé le drone du futur, à la pointe de la technologie. "Sur le marché, il n'y pas encore de drone capable de faire ce que fait celui de La Poste, affirme avec fierté Mustapha Kasbari. Il est capable de supporter 50 km/h de vent, de voler sous la pluie, la neige, par grand froid ou avec des températures allant jusqu'à 50°C".

Une ligne expérimentale en 2016

Si les drones n'ont pas vocation à remplacer les facteurs, ils devraient d'ici 2020 être capable d'effectuer certaines missions comme l'indique Jean Luc Defrance, vice-président de GeoPost. "Le particulier pourrait être livré dans des zones où il y a une crise, un problème météorologique tel qu'un glissement de terrain ou de fortes chutes de neige rendant inaccessibles des maisons ou des villages. Cela permettrait d'acheminer par exemple des pièces détachées ou encore des médicaments d'urgence".

"Mais ce drone va aussi permettre de livrer des zones de campagne où nous n'allons pas forcément régulièrement et où nous pourrions installer le terminal", poursuit-il. En 2016 une première ligne régulière expérimentale pourrait voir le jour et permettre au drone de transporter jusqu'à trois kilos sur une distance de 16 kilomètres. En effet, une demande d'ouverture d'une ligne pilote régulière entre le domaine du Planet et la commune de Saint-Maximim a été déposée dimanche auprès de l'aviation civile.

Elodie Messager avec Maxime Ricard