RMC

Quand les facteurs rendent visite aux personnes âgées: "on est parfois leur seul repère journalier"

-

- - AFP

La Poste propose depuis fin avril un service de visite aux personnes âgées, "Veille sur mes parents". Un dispositif testé depuis octobre et qui va se renforcer d'ici la fin du mois. Yoann, 36, facteur à Angers, a été un des premiers à l'expérimenter. Pour lui, ce n'est pas un changement de métier, mais bien le prolongement du rôle de facteur.

Yoann, 38 ans, est postier à Angers.

"Je suis rentré dans le dispositif 'Veille sur mes parents' depuis quelques mois. Ça va être lancé la semaine prochaine, donc j'étais un peu en avant-première, j'ai été testeur du dispositif.

Quand on nous a parlé de ce service, j'ai tout de suite candidaté, parce que le sujet me parlait. J'ai pensé à mes grands-parents. Une de mes grands-mères était un peu seule. Maintenant, elle n'est plus là, mais si à l'époque ça avait existé, ça aurait certainement rassuré mes parents que quelqu'un puisse passer la voir régulièrement. Donc je me suis porté volontaire.

Il y a une formation obligatoire avant de prendre en charge ces personnes âgées. Concrètement, c'est complémentaire de notre métier de facteur. Ce sont des personnes qui se trouvent sur le chemin de notre tournée habituelle. Sauf que quand on arrive à l'adresse indiquée, on s'arrête et on vérifie que tout va bien.

Moi, je vais chez Mme Fanny les mardi et jeudi, vers 11h30 comme ça elle a le temps de regarder Motus. Donc je passe chez elle, je reste en général une dizaine de minutes, je discute de tout et de rien, je m'assure qu'elle va bien, que tout fonctionne bien chez elle. C'est un moment d'échange entre nous, c'est un peu son rituel. Son fils habite à Toulouse. Il ne voulait pas la laisser toute seule, du coup il lui a offert ce service comme cadeau d'anniversaire.

"Ca crée du lien social beaucoup plus fort"

Moi, je ne la connaissais pas avant. Elle est très gentille, très avenante, elle m'accueille toujours avec un grand sourire ou un café. Ça change un peu du métier habituel, même si les gens, on les côtoie tous les jours. On est juste amené à rentrer chez eux, alors que normalement, on ne passe pas le pas de la porte. Ça crée du lien social différent et beaucoup plus fort.

Tout le monde a plutôt bien accueilli cette initiative. On ne prend pas ça comme une charge en plus, on passe de toute façon chez les gens, donc que l'on s'y attarde quelques minutes, ça ne change pas radicalement notre métier. On est de toute façon un repaire quotidien pour certains, parfois même le seul. C'est un peu le développement de ce que l'on fait déjà. Je pense que le facteur a un rôle à jouer dans ce lien social avec les personnes âgées isolées.

A chaque visite, je transmets un commentaire à son fils pour qu'il sache que tout va bien. Il peut aussi entrer en contact avec moi. Pour lui, le but, c'est de savoir que sa maman va bien. Il l'appelle mais elle peut toujours dire que tout va bien alors que ce n'est pas vrai. Alors que nous on voit tout de suite si ça va bien ou pas".

Propos recueillis par Paulina Benavente