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Amélie, exclue de son lycée parce qu'handicapée: "Un handicapé, on devrait plutôt l'aider que l'exclure"

Le lycée Molière à Paris, a décidé d'exclure une de ses élèves atteinte de la maladie de Lyme. L'établissement explique qu'il n'est plus en capacité de l'accueillir depuis qu'elle doit se déplacer en fauteuil roulant. Les élèves sont mobilisés depuis lundi contre l'exclusion de leur camarade.

Exclue de son lycée parce qu'handicapée. Les élèves de la prépa littéraire du lycée Molière, dans le XVIe arrondissement de Paris, sont mobilisés depuis lundi, parce que l'accès à l'établissement a été refusé à l'une de leur camarade, handicapée. Atteinte de la maladie de Lyme, elle se déplace en fauteuil roulant. La directrice de l'établissement estime qu'elle n'a pas les moyens de recevoir des personnes en fauteuil roulant dans ses murs. Le lycée n'est pas équipé. Elle souhaite donc orienter la jeune fille, Amélie, vers un autre établissement.

Malgré sa scolarité parfaite, l'obtention de son bac à 17 ans et le fait qu'elle soit une des meilleures élèves de sa classe prépa, Amélie est invitée à aller étudier ailleurs. "Simplement parce que je représente une situation d'handicap et que la direction ne cherche pas une solution, regrette-t-elle sur RMC. On ne change pas comme ça un élève d'établissement, surtout quand il est malade, au contraire on devrait plutôt l'aider. Nos parents et l'école nous ont appris que ce n'est pas parce que quelqu'un a une différence qu'il faut le traiter différemment".

"Je n'ai subi aucune discrimination de la part des élèves, mais de ceux qui représentent l'État", se désole-t-elle.

"Summum de la bêtise humaine"

Amélie a contracté la maladie de Lyme cet été. Jusque-là, elle pouvait marcher pour atteindre les classes à l'étage. Mais sa santé s'est dégradée et aujourd'hui elle se déplace en fauteuil roulant. Son cas, fait hurler ses camarades. En grève depuis lundi, il réclame juste à la direction une classe en rez-de-chaussée. "Bien sûr qu'on va rester mobilisés, car il n'est pas question qu'Amélie aille dans un autre lycée, enrage une camarade. Et qu'est-ce qu'on va faire, on va expulser tous les élèves handicapés ? Il n'est pas question qu'Amélie soit la dernière handicapée qui aille dans le lycée Molière". Des élèves, qui ont bien conscience de ce que vie leur copine. "Les cours, c'est ça qui lui permet de tenir psychologiquement. La stigmatiser comme ça, c'est inhumain".

"Une situation caricaturale, un summum de la bêtise humaine", dénonce l'Association des paralysés de France, venue mardi apporter son soutien à Amélie. Une plainte pour discrimination a été déposée contre le lycée. Mais Amélie veut garder le moral: "Je ne vais pas m'apitoyer sur mon sort et commencer à pleurer. C'est une peine, mais les peines ça se combat".

Philippe Gril avec Thomas Chupin