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"Ca tourne à fond la caisse": les usines de conserves et surgelés parées au durcissement des mesures

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Les entreprises de conserves et de surgelés n'ont pas attendu les annonces de Jean Castex pour tourner à plein régime, anticipant un couvre-feu à 18h qui compliquera les sorties "courses" des Français.

Les usines s'emploient à sortir de gros volumes de légumes en conserve et surgelés en prévision d'une extension du couvre-feu dès 18 heures, synonyme de réduction du temps disponible pour faire ses courses et d'une potentielle ruée sur les produits de base, a indiqué jeudi leur interprofession.

"On a des volumes qui tirent très très fort en prévision des annonces de ce soir", a déclaré, sans précisions chiffrées, Olivier Morel, le président de l'interprofession des légumes en conserve et surgelés Unilet, lors d'une conférence de presse.

"Il y a de la tension" mais "on n'anticipe pas de pénurie massive"

L'exécutif doit trancher jeudi sur de nouvelles restrictions face au Covid-19. Le Premier ministre Jean Castex tient une conférence de presse à 18 heures, entouré de six ministres. Si l'extension du couvre-feu dès 18 heures au-delà des 25 départements déjà concernés par la mesure, semble acquise, reste à en déterminer son ampleur.

"Les usines en ce moment tournent à fond la caisse", sept jours sur sept, pour faire face à une "hausse brutale de consommation", poursuit Olivier Morel.

Lors du premier confinement décrété au printemps, les ventes en supermarché avaient bondi: +31% en volume pour les légumes surgelés et +28% pour les conserves, selon Unilet, citant les données du panéliste Kantar.

Des volumes récoltés nettement en deçà des prévisions

"Il y a de la tension" mais "on n'anticipe pas de pénurie massive", a encore déclaré Olivier Morel, tout en rappelant que les fabricants dépendaient de la disponibilité de la matière première agricole, laquelle a été mise à mal par une récolte 2020 décevante.

"Cette campagne a été particulièrement difficile, avec des volumes récoltés nettement en deçà des prévisions : -14% pour le pois, -12% pour les flageolets et -11% pour les haricots, créant de fortes tensions sur le marché", souligne l'interprofession.

La filière fait parallèlement face à la chute des commandes de la restauration collective et commerciale (habituellement 49% des débouchés des légumes surgelés, 14% pour les légumes en conserve). Or, fait-elle valoir, le report de ces volumes vers les linéaires des supermarchés n'est "pas simple" en raison de gammes et conditionnements particuliers.

AFP avec la rédaction