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Inquiétude dans les auto-écoles pour les délais d'examen du permis: "Je crains qu'on aille vers des délais de 12 mois"

Les examens du permis de conduire reprennent à partir de ce lundi dans des conditions drastiques et avec une file d'attente qui s'est allongée en raison du confinement.

Après trois mois d'arrêt forcé pour cause de coronavirus, les examens du permis de conduire reprennent à partir de ce lundi. Dans les voitures les règles sanitaires sont drastiques. Le siège conducteur doit être protégé par une housse changée à chaque candidat. Le volant, levier de vitesse et frein à main doivent être désinfectés à chaque passage.

Pour être en mesure de faire toutes ces manipulations, les examinateurs ont réduit le nombre de candidats par jour de 13 à 11. Problème: avec le confinement, près de 120.000 élèves n'ont pas passé l'épreuve, d'après le ministère de l'Intérieur.

Avec ceux qui étaient programmé ces prochains mois, c'est près de 330.000 personnes qui attendent une date. Du coup dans les auto-écoles, aujourd'hui, c'est l'embouteillage.

"Je crains que, si on continue comme ça, on aille vers des délais d'attente de douze mois"

Première fois au volant en 3 mois pour Sowsen. A 19 ans, elle comptait beaucoup avoir son permis pour l’été. Aujourd’hui elle ne sait pas quand elle pourra passer l’examen.

"Le plus vite pour moi ce sera dans plus d'un mois alors que je devais passer au début du confinement. C'est mon sésame pour sortir de la ville, pour trouver un emploi, me déplacer", regrette-t-elle

Selon le gouvernement, 330.000 personnes attendent donc eux aussi un créneau de passage. Et pour respecter les nouvelles règles sanitaires, les inspecteurs du permis de conduire ont réduit le nombre de candidats par jour. Une aberration pour Philippe Colombani, le président du syndicat d'auto-école UNIC.

"Les inspecteurs font moins d'examens qu'avant le confinement alors qu'on a trois mois de retard. On ne voit pas comment on peut récupérer le retard en faisant moins qu'avant. Je crains que, si on continue comme ça, on aille vers des délais d'attente en cas d'échec de l'ordre de douze mois."

Et pour lui le seul moyen d'absorber le retard serait que les examinateurs fassent passer 14 candidats chaque jours.

Benjamin Pelsy (avec J.A.)