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Interdiction d'UberPop: "Maintenant je peux me faire contrôler par la police, je n'ai aucun problème"

Le Conseil constitutionnel a confirmé l'interdiction d'UberPop

Le Conseil constitutionnel a confirmé l'interdiction d'UberPop - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Alors que le Conseil constitutionnel a confirmé ce mardi l'interdiction d'UberPop en France, RMC a rencontré d'anciens chauffeurs de ce service très controversé. Si certains sont devenus chauffeurs VTC, d'autres se sont tournés vers une application similaire et tout autant contestée: Heetch.

Clap de fin pour UberPop en France. Le Conseil constitutionnel a en effet confirmé ce mardi l'interdiction de ce service très controversé. Désormais, la "mise en relation de clients avec des personnes qui se livrent au transport de personnes sans être des entreprises, des taxis ou des VTC" est passible de deux ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende, comme le prévoit la loi Thévenoud du 1er octobre 2014.

"J'ai eu peur"

Mais alors que le service UberPop aurait rassemblé jusqu'à 10.000 chauffeurs au plus fort de son utilisation, que sont devenus ces conducteurs? Certains, comme a pu le constater RMC, sont passés VTC. C'est le cas par exemple de Kaled qui exhibe fièrement sa nouvelle carte de chauffeur VTC. UberPop, pour lui, c'était 500 euros de revenus complémentaires tous les week-ends. Mais en juillet dernier, il a raccroché.

"Les taxis et la police m'ont mis la pression. Ils m'ont dit que c'était interdit, que s'il me revoyait, ils allaient saisir ma voiture et me donner une amende. J'ai eu peur… Ça m'a fait réfléchir et j'ai donc décidé de faire une formation pour être VTC", explique-t-il. Pour passer dans la légalité. Kaled a déboursé 800 euros pour quatre semaines de cours "de conduite et d'anglais". "Ce n'était pas compliqué mais il me fallait ça pour pouvoir continuer à travailler", assure-t-il.

"Je ne le fais pas pour le plaisir"

Et celui-ci d'ajouter: "Aujourd'hui je me sens un peu mieux. Financièrement, je respire un peu mieux. C'est vraiment un soulagement". Et Kaled de conclure, en souriant: "Maintenant je peux me faire contrôler par la police, je n'ai aucun problème". UberPop a donc officiellement disparu. Une décision à laquelle s'attendait Karim. C'est pourquoi depuis quelques semaines, il s'est tourné vers une application similaire: Heetch.

"C'est pareil, c'est du covoiturage", considère-il avant tout de même de reconnaître: "Il est évident qu'on voit bien qu'on joue avec la ligne, qu'on ne sait pas trop si c'est illégal ou légal. Mais je ne le fais pas pour le plaisir, je le fais pour avoir un petit complément de revenus qui m'aide bien dans ma vie et celle de ma famille". Mais cela pourrait ne pas durer pour Kaled. Depuis juin 2015, l'application Heetch est interdite à Paris par arrêté préfectoral.

M.R avec Pierre Rigo