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Médicaments aromatisés: "On ne doit pas essayer de les survendre parce qu'ils sont agréables au goût"

La députée de Gironde Michèle Delaunay alerte sur la surconsommation de médicaments aromatisés qui peuvent entraîner des risques. Sur RMC mercredi, elle a dénoncé un marketing inadapté et prévenu des dangers de ces produits, qui plaisent particulièrement aux enfants.

Michèle Delaunay veut que "tout soit fait pour qu'il n'y ait pas d'accident dramatique". L'ancienne ministre a alerté mardi le ministère de la Santé des risques que constituent les médicaments aromatisés. Sur les rayonnages des pharmacies, ces médicaments souvent en vente libre aromatisés fraise, framboise ou encore capuccino semblent se banaliser. Pour Michèle Delaunay, ces parfums entraînent des risques de surconsommation qui peuvent être dangereux.

"Un médicament c'est quelque chose qui a des effets bénéfiques mais obligatoirement des effets toxiques. On ne doit pas le vendre ou essayer de le survendre parce qu'il est agréable au goût", estime-t-elle, déplorant un "marketing qui ne devrait pas être ceux des médicaments".

La députée explique avoir été alertée par des pharmaciens qui ont constaté l'augmentation de ces médicaments, comme Thierry Guillaume, président de la Chambre syndicale des pharmaciens de Gironde.

"On a une augmentation des demandes, indique le pharmacien. On demande plus facilement le médicament qui a meilleur goût, celui qui plaît aux enfants. Un médicament qui est très bon, qui a bon goût, l'enfant aura tendance peut-être à le rechercher plus qu'un autre."

Un médicament "doit être pris pour sa juste dose"

Michèle Delaunay craint que la consommation de ces produits "banalise le médicament". "Je sais que des parents se disent ça mon petit garçon le prend avec plaisir, je vais en emporter une boîte pour les vacances et au moindre bobo on donne ce médicament", redoute l'ancienne ministre. D'autant qu'une surconsommation peut avoir des conséquences sur la santé, en particulier des enfants.

"Dès qu'ils doublent la dose prescrite, ils peuvent avoir une toxicité hépatique très forte, ils empêchent de métaboliser par le foie. Et s'il y a des antibiotiques avec, ils ne sont pas métabolisés", poursuit l'élue. 

Elle demande à ce que la ministre de la Santé se penche sur le problème et encadre la vente et le marketing de ces produits. Michèle Delaunay se défend de vouloir "interdire" ces médicaments mais souhaite en premier lieu que les fabricants mentionne le parfum "avec sobriété". Par ailleurs, la députée souhaite qu'il soit particulièrement rappelé sur ces médicaments les précautions à prendre. "Il ne faut en aucun cas dépasser la dose prescrite et d'autre part ranger ces médicaments", réclame la ministre qui insiste sur le fait qu'un médicament "doit être pris uniquement pour sa juste dose". 

C. B avec Mélanie Delaunay